Catastrophe naturelle / Islande

Volcan islandais : autopsie d'une éruption

Un panache de cendre s'élève d'un volcan en éruption situé sous le glacier Eyjafjallajokull, à 150 km à l'est de Reykjavik, le 14 avril 2010.
Un panache de cendre s'élève d'un volcan en éruption situé sous le glacier Eyjafjallajokull, à 150 km à l'est de Reykjavik, le 14 avril 2010. Reuters/ Olafur Eggertsson

L'éruption du volcan islandais qui s’est produite sous le glacier Eyjafjallajökull a débuté au mois de mars 2010. Sa durée est difficilement prévisible car extrêmement variable. Celle du siècle dernier avait duré toute une année…

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Le volcan dont il est impossible de prononcer le nom, comme l'explique le vulcanolgue Frédéric Lécuyer à Joëlle Marcellot, a provoqué une crue énorme, charriant d’impressionnants bouts du glacier Eyjafjallajökull. Comment peut se produire le phénomène sous la glace ?

Une éruption devient explosive à cause de la rencontre du magma et de l'eau.

Frédéric Lecuyer

Il s'agit du seul endroit au monde où la ride océanique, médio-atlantique, sort au-dessus de la surface de la mer.

Frédéric Lecuyer

Le volcan continue de cracher des cendres. Les éruptions fissurales peuvent s’installer sur la durée et le fameux nuage se déplace actuellement vers l'Est et l'Europe centrale. 

Les particules volcaniques sont en train d'arriver sur le nord-ouest de l'Europe.

Etienne Kapikian

Mais « les cendres » dues à l'éruption volcanique en Islande « ne représentent pas, actuellement, de risque significatif pour la santé du fait de la haute altitude et de la dispersion du nuage de cendres », a indiqué jeudi la Direction générale de la santé (DGS) à propos de la situation en France.

Caractérisation physico-chimique de l'aérosol volcanique (source IPG de Paris)

La toxicité plus importante de ces particules les plus fines vient du fait qu'elles pénètrent plus profondément dans l'organisme. La connaissance de leur composition chimique et de leur répartition de taille sont donc toutes aussi importantes que la mesure des quantités présentes dans l'air, car les effets sanitaires (problèmes respiratoires et cardio-vasculaires) dépendent de ces trois paramètres.
Plus les particules minérales en suspension sont fines, plus elles pénètrent dans les poumons, avec une double action liée au particules proprement dites mais également aux polluants qu'elles transportent. Elles peuvent en effet véhiculer sur leur surface des substances toxiques pouvant passer la barrière air/sang au niveau des alvéoles pulmonaires. Un petit nombre de particules ultra-fines présentera une surface réactive totale beaucoup plus importante qu'un grand nombre de grosses particules.
Les métaux toxiques pour la santé et l'environnement (plomb, mercure, arsenic, cadmium, nickel, zinc, etc) se retrouvent généralement au niveau des particules (sauf le mercure qui est principalement gazeux) et s'accumulent dans l'organisme, provoquant des effets toxiques à court et/ou long terme.
Aussi, de nombreuses éruptions produisent des aérosols contenant des acides halogénés (fluor, chlore) et acide sulfurique, engendrant des nuisances pouvant être pathogènes pour les hommes, les animaux et l'agriculture.
 

Pour en savoir plus :

- sur les risques sanitaires liés aux émissions de cendres : consulter le site de l’Institut de physique du globe

- sur les risques sanitaires liés aux poussières et particules minérales : Lire le document en ligne sur le site du Bureau de recherches en géologie minière (BRGM) (à partir de la page 17).

 

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