France

Le gouvernement français prône l'interdiction du voile islamique intégral

Un projet de loi visant à interdire le port du voile islamique intégral dans tout l'espace public est l'option retenue par le gouvernement ce 21 avril 2010.
Un projet de loi visant à interdire le port du voile islamique intégral dans tout l'espace public est l'option retenue par le gouvernement ce 21 avril 2010. Reuters/Regis Duvignau
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Jean-François Copé plaidait pour une proposition de loi contre le port de la burqa, donc pour une initiative parlementaire et le gouvernement a tranché : il présentera lui-même un projet d'interdiction générale dans tout l'espace public. L'interdiction du voile islamique intégral est à l'étude dans d'autres pays européens, comme les Pays-Bas ou la Belgique qui pourrait devenir le premier pays européen à interdire totalement le port du voile islamique intégral, sauf dans la sphère privée. 

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L'Elysée a choisi de laisser l'initiative au gouvernement. Ce sera donc un projet de loi plutôt qu'une proposition. Un projet de loi pour une interdiction générale du port de la burqa, dans tout l'espace public, comme le souhaitaient de nombreux députés et sénateurs, ce qui devrait éviter les déchirements dans la majorité. Plusieurs élus de l'UMP pensaient qu'il y avait d'autres urgences et Jean-François Copé lui-même disait « qu'il avait tout l'orchestre contre lui ».

Là, le gouvernement impose, les élus UMP n'auront qu'à voter. Une façon également de désigner clairement ceux qui sont contre, Martine Aubry en tête qui considère, elle aussi, que ce sujet n'est pas prioritaire. Elle lui préfére, comme le recommandait le Conseil d'Etat, une simple réglementation prohibant les visages masqués dans les services publics, et non spécifiquement le voile.

Le gros inconvénient c'est qu'un projet de loi, à la différence d'une proposition, doit être soumis au conseil d'Etat. Or ce même conseil d'Etat a prévenu : le port de la burqa, du niqab ou de tout voile religieux ne peut être totalement interdit sous peine de porter atteinte aux principes fondamentaux et donc d'encourir une censure au plan français et européen. Un avertissement qui n'a pas fait reculer le chef de l'Etat.

Moi je salue ce projet parce que c’est la victoire des femmes et que nous avons besoin d’un levier aujourd’hui pour faire face au fascisme vert. Pour faire face à ceux qui instrumentalisent la religion musulmane… cette loi est fondamentale… les femmes du monde nous regardent, elles nous regardent d’Arabie saoudite, elles nous regardent du Maroc, du Maghreb, … du Soudan, elles attendent que la France puisse prendre cette décision courageuse…

Sihem Habchi, présidente de l'association «Ni putes ni soumises» plaide pour l'interdiction

Par rapport au problème qui est posé, comme chaque fois on va dans l’outrance, dans la sur-médiatisation… on pourrait résoudre ces problèmes sans avoir une loi qui en plus sera inapplicable. D’ailleurs un certain nombre de syndicats de policiers l’ont dit …. dans l’espace public cela deviendra impossible… Lorsque la loi n’est plus applicable et donc n’est plus appliquée, il n’y a plus ensuite de respect pour aucune loi.

Pour Gérard Collomb, maire socialiste de Lyon, la loi sera inapplicable

A lire sur France24.com : Les femmes-relais refusent d'être en première ligne dans le débat sur la burqa

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