Ligue des champions: Lyon défie mercredi le Bayern sur fond d'affaire Ribéry

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Après un périple de deux jours pour rallier Munich, Lyon défie mercredi en demi-finale aller de la Ligue des champions le bouillant Bayern, sur des charbons ardents à cause de l'embarrassante affaire Ribéry, qui affecte à degré moindre l'OL avec Govou.

Avant le rendez-vous européen le plus important de son histoire, Lyon n'a pas été épargné par les péripéties extra-sportives.

Il y a d'abord eu la paralysie des transports aériens à cause du nuage de cendres volcaniques venues d'Islande.

Après les sept heures passées en bus pour revenir de Bordeaux dimanche, les hommes de Claude Puel ont enchaîné dès lundi sur un voyage en deux temps et près de dix heures dans des mini-bus, certes tout confort, mais bien plus lents qu'un avion.

"C'est une demi-finale de Ligue des champions, on est très content d'y être et on ne cherche pas par avance d'excuse à cause du déroulement du voyage qui s'est du reste relativement bien passé", a insisté le gardien de but Hugo Lloris.

Et depuis dimanche, il y a une énième affaire Sidney Govou, entendu comme témoin, selon des sources proches du dossier, dans une enquête sur une affaire de proxénétisme, comme son partenaire en équipe de France, Franck Ribéry, pièce majeure, lui, dans le dispositif du Bayern Munich.

Claude Puel, privé de Jean-Alain Boumsong et Mathieu Bodmer, ne cache pas ses ambitions: "Les demi-finales ne sont pas une finalité, il faudra tenter de ne pas compromettre nos chances dès le premier match", a-t-il insisté.

L'entraîneur rhodanien a assuré que l'OL, auteur d'un nul 1-1 à Munich en septembre 2008, "ne fera pas de calcul" même si sept de ses joueurs manqueraient le match retour en cas d'avertissement mercredi soir.

Pour rejouer dans le prestigieux stade Bernabeu où se déroulera la finale le 22 mai et où ils ont éliminé le Real Madrid en 8e de finale, les Lyonnais devront venir à bout d'un Bayern en pleine réussite.

Le géant bavarois est lui ébranlé par l'affaire Ribéry, mais semble avoir assez de ressources et de joueurs d'expérience pour disputer sa première finale de C1 depuis son sacre de 2001. "On peut rentrer dans l'Histoire en réalisant le triplé" Coupe/Championnat d'Allemagne/Ligue des champions, salive par avance le Croate Ivica Olic.

Dans son stade de l'Allianz-Arena, le Bayern ne craint personne: il a écoeuré Manchester United (2-1) qui menait pourtant 1 à 0, et vient de passer sept buts au relégable Hanovre avec un impressionnant Arjen Robben, buteur souvent décisif.

"Tout ce qui s'est passé avant ne compte pas. On repart de zéro et il serait mal venu de sous-estimer cette équipe de Lyon qui a battu Liverpool et le Real", a prévenu Philipp Lahm, capitaine en l'absence de Mark van Bommel, suspendu, et remplaçant devant micros et caméras de Ribéry, retiré de la conférence de presse de veille de match pour lui épargner toute tension médiatique supplémentaire.

Le Bayern a d'ailleurs interdit à ses joueurs d'évoquer le sujet devant la presse. "Le chef de la presse du Bayern a dit qu'on ne parlerait pas l'affaire. Franck s'est très bien entraîné (ce matin), il est super content de jouer cette demi-finale, c'est tout ce qu'on peut dire", s'est borné à lancer le défenseur belge du Bayern Munich, Daniel van Buyten, grand ami de "Francky".

Ce dernier, gêné ces derniers jours par une contracture, s'est présenté à l'entraînement de mardi, les dizaines de journalistes, photographes et équipes de télévision épiant ses moindres faits et gestes pendant le premier quart d'heure ouvert à la presse. Quoi qu'il arrive mercredi, Ribéry risque bien d'être l'homme du match, qu'il flambe ou passe à côté.