Revue de presse des Amériques

A la une : une querelle sud-américaine vraiment tranchée ?

Texte par : Michèle Gayral
5 mn

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Une querelle sud-américaine vraiment tranchée ?
La presse latino-américaine est résolument « verte » ce matin ; elle évalue en particulier les suites du jugement émis hier par la Cour internationale de justice de La Haye. La CIJ a en effet tranché, mais de façon subtile, dans cette querelle qui empoisonne depuis des années les rapports entre l'Argentine et l'Uruguay, à propos de l'installation «unilatérale» d'une usine de pâte à papier à la frontière entre les deux pays, côté uruguayen, ce qui a incité des Argentins, estimant que leur environnement était menacé, à bloquer depuis plus de trois ans le pont transfrontalier.
« Un jugement pour ne pas contaminer les relations », titre en Argentine Pagina 12, en soulignant que ce verdict « n'a laissé ni vainqueurs, ni vaincus », puisqu'il a donné tort au gouvernement uruguayen pour n'avoir pas respecté les formes, c'est-à-dire consulté le pays voisin, tout en concluant sur le fond que cette usine n'est pas polluante.
« S'il fallait vraiment désigner un vainqueur, estime pour sa part le site Infolatam, ce devrait être l'Uruguay, dont les principaux arguments - l'usine n'est pas contaminante, elle ne doit pas être démantelée - ont été ratifiés par les magistrats internationaux ».
Mais, bon prince, Montevideo ne fera aucune pression sur l'Argentine pour que le barrage soit levé, affirme le journal uruguayen El Pais, car « il s'agit d'un problème intérieur au pays voisin qui prendra le temps qu'il croit nécessaire pour le résoudre ».
Editorial amer en revanche dans le journal argentin la Nacion, d'opposition : « le principal obstacle est toujours là », déplore l'éditorialiste en faisant allusion au barrage. « Les juges de La Haye ont fini par imposer une solution qui aurait dû être politique et qui n'a jamais mérité de voyager si loin ».

 
Haro sur le coca-cola

Direction la Bolivie maintenant pour la relation pittoresque d'une réunion dans ce pays, appelée « Sommet mondial des peuples sur le changement climatique ». Les galeries de photos publiées par les journaux, où figurent notamment des Amérindiens des hauts-plateaux, sont hautes en couleur. De même que les propos d'Evo Morales qui a inauguré hier ce rassemblement en fustigeant le capitalisme.
Voici un échantillon de la parole présidentielle recueillie par le journal bolivien Los Tiempos : « En Europe, ils sont presque tous chauves, à cause des choses qu'ils mangent, alors qu'il n'y a pas de chauves chez les peuples indigènes », a dit Morales « en montrant son abondante chevelure », précise le journal. « La calvitie c'est un résultat des transgéniques, et je suis sûr que d'ici 50 ans tout le monde sera chauve, et les coiffeurs au chômage ».
El Diario raconte pour sa part la charge du président bolivien contre le coca-cola, qui au terme de plusieurs expériences personnelles, lui apparaît comme très nuisible à la santé, à la différence de la « chicha », une boisson alcoolique locale de maïs fermenté qu'il estime au contraire très saine... 

 
USA : le débat sur Wall Street

Le ton est beaucoup plus austère dans les journaux des Etats-Unis, attentifs aujourd'hui à la réforme financière qu'ambitionne de faire adopter Barack Obama. « Après leurs attaques féroces de la semaine dernière, les Républicains adoptent maintenant un ton plus conciliant, de meilleur augure pour ce projet de loi qui est la prochaine étape majeure dans le programme intérieur du président Obama », perçoit Le Los Angeles Times.
Quant au New York Times, il met l'accent sur un aspect particulier du débat : la taille des banques. « Une minorité populiste, à la fois au Congrès et à la Fed, pousse pour qu'on se penche sur le sujet », croit savoir le grand quotidien new-yorkais. Car « lors de l'année et demie qui vient de s'écouler, les institutions financières les plus grandes sont seulement devenues plus grandes encore, à cause surtout des fusions encouragées par le gouvernement », ce qui explique qu'« elles empruntent à des taux beaucoup plus bas que leurs concurrentes de moindre taille ».

 
Hommage à Dorothy Height

Le portrait d'une vieille dame au turban pourpre et au léger sourire orne ce mercredi les pages des journaux américains ; c'est celui de Dorothy Height, « matriarche fondatrice du mouvement des droits civiques ». C'est ainsi que la présente le Washington Post. Elle est morte mardi, à l'âge de 98 ans. Cette dame « très influente », qui a présidé pendant 40 ans le conseil national des femmes noires, « était souvent décrite comme la colle qui maintenait ensemble la famille qui luttait pour les droits des noirs », ajoute le journal de la capitale. Barack Obama a rendu hommage à cette « marraine » de l'égalité des droits qui, a-t-il dit, a été « le témoin de chaque pas et de chaque étape le long du chemin ».

 

 

 

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