Thaïlande / Politique

La presse thaïlandaise met en garde contre le risque d’une guerre civile dans le pays

La police anti-émeutes thaïlandaise se dresse face aux milliers de «chemises rouges», anti-gouvernementaux, qui ont dressé des barricades.
La police anti-émeutes thaïlandaise se dresse face aux milliers de «chemises rouges», anti-gouvernementaux, qui ont dressé des barricades. Photo: Manpreet Romana/ AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au moins une personne a été tuée et des dizaines blessées, jeudi soir 22 avril 2010, près du quartier financier de Bangkok, dans une série d'attaques à la grenade survenue alors que deux groupes de manifestants antagonistes se faisaient face. La presse thaïlandaise met en garde contre le risque d'une guerre civile si la situation n'est pas rapidement reprise en main par les forces de sécurité.  

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Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Les tensions se sont un peu apaisées ce matin entre les manifestants « chemises rouges » et les partisans du gouvernement. La police a réussi à persuader les « chemises rouges », qui réclament la dissolution du Parlement, de reculer leurs barricades d'une centaine de mètres, ce qui permet d'éviter un contact direct entre les deux factions opposées.

Dans la presse de Bangkok, le ton est alarmiste. La plupart des éditorialistes mettent en garde contre une dérive vers une guerre civile. Pour le quotidien Bangkok Post, de nouveaux affrontements entre les « chemises rouges » et les groupes de citoyens favorables au gouvernement pourraient embraser l'ensemble du pays. L'atmosphère de haine prédomine dans les deux camps souligne l'éditorialiste. Il faut que les Thaïlandais de différentes opinions et de différents statuts sociaux apprennent à vivre ensemble.

Même appel à la réconciliation dans le quotidien The Nation, qui dénonce aussi le risque d'une guerre civile. L'éditorialiste met par ailleurs en garde contre la démonisation des « chemises rouges » par le gouvernement. Accuser les « chemises rouges » de vouloir détruire la monarchie est irresponsable, estime l'éditorialiste. Et de rappeler qu'en octobre 1976, des dizaines d'étudiants de l'université Thamassart avaient été lynchés par la foule, après avoir été accusés d'avoir insulté le prince héritier de Thaïlande.  

Face à la persistance du conflit et à l'accroissement des violences, les Nations unies ainsi que  les Etats-Unis ont fait part de leur inquiétude et appellent à des négociations entre le gouvernement et les leaders du mouvement de contestation des « chemises rouges ».

Nous arrivons à un point où les deux camps doivent faire preuve de retenue

Martin Nesirky, porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon

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