Championnats gymnastique: pour une médaille, les gymnastes ont traversé l'Europe en bus

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Dans l'espoir d'une médaille aux Championnats d'Europe, la grande majorité des gymnastes ont dû traverser l'Europe en bus, faute d'avion, pour rallier cette semaine Birmingham en Angleterre.

La fermeture de l'espace aérien britannique, à moins d'une semaine du début des compétitions masculines, a donné des sueurs froides aux organisateurs.

"Quand les aéroports ont été fermés, nous n'avions en fait que trois équipes: la Grande-Bretagne, l'Irlande, et la France, qui s'entraînait près d'ici", raconte Denis Hurst, le directeur des Championnats.

Aussi sont-ils plus que soulagés de voir que la compétition a pu survivre à une éruption volcanique avec un total de 34 équipes sur les 39 prévues, même si plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, dont la Russie, double tenante du titre par équipe masculine, ont dû renoncer au périple.

Les Russes et les Bélarusses ont gardé leurs valises prêtes jusqu'à la dernière minute, mais des problèmes de visa ont ruiné leurs derniers espoirs. "Une fois qu'ils les ont eus, des touristes avaient pris leurs places dans leur vol", explique Vera Atkinson, une des responsables de l'organisation.

L'Ukraine, la Géorgie et Israël avaient déjà renoncé à la perspective d'une périple interminable.

"C'est très dommage pour ces gymnastes qui avaient préparé la compétition. Mais c'est aussi une agréable surprise de voir que 34 fédérations sont venues", fait valoir Georges Guelzec, président de l'Union européenne de gymnastique (UEG).

Si la gymnastique avait déjà eu affaire à des boycotts politiques dans les années 80, "jamais, jamais" elle n'avait été menacée par une perturbation extérieure, selon la porte-parole de l'UEG Danielle Duchoud.

Pour donner une chance supplémentaire aux athlètes et aux juges, les qualifications ont été décalées d'une journée, de jeudi à vendredi, ce qui ne bouleversait pas le programme des finales samedi et dimanche.

Mais les organisateurs ont mis en place "une cellule de crise" et passé des heures au téléphone.

"Nous avons envoyé des bus à Douvre et à Calais, et dans d'autres endroits en Europe, et fait des réservations pour qu'ils soient prioritaires sur les bateaux", explique Paul Garber, le président de la Fédération britannique.

"Tous les frais supplémentaires des équipes, nous les prenons à notre charge", ajoute-t-il. "Le coût, je ne veux même pas y penser!".

Les athlètes se sont pour la plupart vite accommodés de ce plan B.

Après 36 heures de voiture quasi non stop, dont une bonne partie au volant, le Bulgare Iordan Iovtchev, multiple médaillé des anneaux, est arrivé avec une barbe de trois jours à Birmingham.

Un gymnaste arménien a pris un taxi depuis Milan (Italie), jusqu'aux côtes de la Manche, tandis que l'équipe finlandaise a fait une quarantaine d'heures de bus, via l'Allemagne et la France.

L'équipe de gymnastique artistique française a échappé à la galère, mais pas celle de trampoline et de tumbling. Le trajet en bus pour aller jusqu'à Varna, sur la côte bulgare, a duré 40 heures.