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Banque mondiale

La réforme des droits de vote à la Banque mondiale profite aux émergents

www.worldbank.org
3 mn

Les 186 Etats membres de la Banque mondiale ont trouvé dimanche 25 avril 2010 un accord sur le transfert de 3,13% des droits de vote vers les pays émergents. Un rééquilibrage salué par la Chine qui bénéficie le plus de cette réforme.

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Sans surprise, les pays émergents sont les grands gagnants de la réforme des droits de vote à laquelle sont parvenus dimanche les 186 Etats membres de la Banque mondiale. Contrairement au Fonds monétaire international qui n’est toujours pas parvenu à modifier son mode de gouvernance, l’institution financière a réussi à tenir l’engagement pris lors du sommet du G20 de Pittsburgh en septembre dernier de transférer au moins 3% des voix des pays riches vers les pays dits « en développement et en transition ».

La Banque mondiale est même allée plus loin puisqu’au final le transfert entériné par ses Etats membres porte sur 3,13% des voix, ce qui donne aux pays du sud 47,19% des droits de vote. Afin de rendre effective cette réforme, les 186 Etats actionnaires ont approuvé une augmentation de capital –une première en plus de vingt ans– de 5,1 milliards de dollars. Une partie de cette somme, soit trois milliards et demi de dollars, sera financée par l’ensemble des pays membres, le reste (1,6 milliards de dollars) le sera par les pays dont les droits de vote doivent augmenter.

La Chine, 3e pays le plus représenté

Cette réforme profite en premier lieu à la Chine qui devient le troisième pays le plus représenté en termes de droits de vote (4,42% des parts) à la Banque mondiale, après les Etats-Unis (16,85%) et le Japon (6,84% contre 7,62% avant la réforme). Pékin s’est aussitôt félicité de ces changements estimant par la voix de son ministre des Finances, Xie Xuren, que « cela représente un pas important vers un rééquilibrage entre pays en développement et avancés ».

Le Brésil (dont la part passe de 2,06% à 2,24%) ou encore l'Inde (de 2,77% à 2,91%), ont également tiré profit de cette révision, au détriment par exemple de la France, dont la part se contracte de 4,17% à 3,75%. Même scenario pour la Grande-Bretagne, tandis que l'Allemagne détient désormais 4% des droits de vote, contre 4,35% auparavant. La part des Etats-Unis, premier contributeur de la Banque mondiale, reste en revanche inchangée.

Cette réforme a été dénoncée par plusieurs organisations non gouvernementales qui estiment qu’elle s’est faite aux dépens des pays africains. Oxfam a ainsi relevé que « sur 47 pays d'Afrique subsaharienne, plus d'un tiers ont perdu de leur part, 60% sont restés avec la même, et un seul pays, le Soudan, a progressé ». Au total, la représentation africaine a bien reculé, estime l’ONG.

Les statuts de la Banque mondiale permettent à cette réforme d’entrer immédiatement en vigueur, sans avoir à passer par la ratification des Parlements nationaux. Ce n’est pas le cas pour le Fonds monétaire international qui attend toujours la validation des changements décidés lors de l’assemblée générale du printemps 2008.

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