Découverte océanographique

Révélations sur le courant sous-marin le plus rapide jamais observé

L'Antarctique en 2009
L'Antarctique en 2009 AFP/Sea Shepherd Conservation Societ/Barbara Veiga
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Une équipe de scientifiques australiens et japonais a détaillé pour la première fois un puissant courant sous-marin proche de l'Antarctique. L’identifiant comme une composante essentielle du schéma de circulation des océans, les chercheurs pensent que cette découverte pourrait aider à comprendre l’interaction entre les océans et le réchauffement climatique global. Des travaux publiés dans la revue Nature Geosciences le 24 avril 2010.

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Pendant deux ans, les chercheurs ont déployé leurs instruments de mesure à des profondeurs atteignant 4,5 kilomètres, et ont enregistré la vitesse, la température et la salinité de l'eau concernant ce courant, qui se dirige du continent glacial vers le plateau des Kerguelen, dans l'océan Indien Sud, puis se divise en plusieurs voie.

Des preuves de l'existence de ce courant avaient déjà été découvertes, mais aucune donnée n'avait été collectée sur lui : « Nous ignorions s'il jouait ou non un rôle important dans la circulation, et ces données montrent clairement que c'est le cas », a déclaré l'un des auteurs de la recherche, Steve Rintoul, du Centre de recherche coopératif sur le climat et les écosystèmes antarctiques, à Hobart.

Record de vitesse de ce courant sous-marin

Le courant étudié s'est révélé être le plus rapide jamais découvert en eaux profondes, avec une vitesse moyenne de vingt centimètres par seconde. Le courant achemine en une seconde plus de 12 millions de mètres cubes d'eau froide et salée venue de l'océan Antarctique ! « Jamais de telles vitesses n'avaient été enregistrées à ces profondeurs, plus de trois kilomètres sous la surface », a-t-il ajouté.

La circulation de l'ensemble des courants mondiaux dépend de la création de grands volumes d'eau très froide et salée dans plusieurs zones autour du continent Antarctique, où ils plongent en profondeur avant de se diriger vers les autres océans. Plus spécifiquement, le courant récemment étudié forme surtout une part d'un réseau bien plus vaste qui traverse l'ensemble des océans et distribue la chaleur à la surface de l'ensemble du globe.

Selon Steve Rintoul, il conviendra désormais, pour mieux prédire le climat, de déterminer si la circulation planétaire des courants restera durablement à son niveau actuel, ou si elle sera elle-même affectée par les changements climatiques.

Le Gulf Stream, qui prend sa source entre la Floride et les Bahamas amène dans l'Atlantique Nord des eaux plus chaudes. Il se dilue dans cet océan vers la longitude du Groenland et offre ainsi à l'Europe du Nord un climat tempéré.

L'arrêt du courant, événement qui s'est déjà produit jadis, apporterait une forte glaciation en Europe.

 

Pour en savoir plus :

consulter le site de

- Nature Geosciences

- Ifremer

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