CHILI

Chili : la difficile reconstruction des zones côtières après le séisme

Destructions en bord de mer dans l'archipel de Juan Fernandez (Chili) après le tsunami qui a suivi le séisme du 27 février 2010 .
Destructions en bord de mer dans l'archipel de Juan Fernandez (Chili) après le tsunami qui a suivi le séisme du 27 février 2010 . AFP / Felipe Gamboa
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Chili, il y a deux mois, un violent tremblement de terre, doublé d’un tsunami, ravageaient le centre-sud du pays. La reconstruction est encore difficile surtout pour les régions côtières. Le président Sebastian Pinera a lancé plusieurs programmes de financement de la reconstruction. Mais l’aide arrive lentement.

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Avec notre correspondante à Santiago, Claire Martin

Le Chili en est toujours à pallier l’urgence. Le gouvernement du président Sebastian Pinera a mis en place des hôpitaux de campagne, des écoles, des maisons, des ponts provisoires. Une grande partie de la population affectée a perdu sa source de travail. Elle vit souvent de la charité et de l’aide internationale.

A Coliumo, petit village côtier dévasté, les pêcheurs artisanaux ont peur de disparaitre. Aquiles Torres est lui-même pêcheur et il explique ses craintes :

« Le maire refuse absolument qu’on s’installe à nouveau en bord de mer. Tous les voisins, tous pêcheurs artisanaux, veulent revenir. Le problème, c’est que nous n’avons pas de moyens financier, même pas pour nous construire un cabanon pour vivre à côté de notre maison détruite, afin de pouvoir continuer à travailler et avoir de l’argent pour notre famille.

Il y a des gens, avant, qui sortaient en mer pêcher juste pour obtenir de quoi survivre pour la journée. Il y a encore douze familles sous les tentes sur la côte. Le problème, c’est qu’il va commencer à pleuvoir. Et ces personnes ne veulent pas aller s’installer sur les collines, à trois kilomètres de la mer, là où le maire nous construit des maisons en bois.

Je crois que les autorités ont décidé de balayer les pêcheurs artisanaux de la côte pour les envoyer vivre dans les campements dans les collines. Je crois qu’ils veulent restructurer le bord de mer et que les pêcheurs artisanaux vont disparaître. J’espère que ça ne sera pas le cas, parce que ce serait vraiment triste ».

Des situations graves, marquées par une grande misère

Beaucoup craignent que les industries et les entreprises touristiques ne rachètent les terrains côtiers et ne chassent la pêche artisanale qui demeure un moyen de subsistance pour une grande partie de la population côtière.

Lebu est une petite ville de 25 000 habitants dans le sud du Chili. Beaucoup de sinistrés vivent dans des cabanons d’urgence de 18 m2, des mediaguas, subventionnés par l’Etat. Marie-Claire Belmonte est Française et vit à Lebu. Elle décrit ces campements d’urgence comme « des situations graves, marquées par une grande misère. Il n'y a pas d'eau courante, en termes sanitaires rien n'est prévu ».

Des situations qui étonnent dans le pays le plus riche d’Amérique latine. L’hiver, souvent rude au Chili, approche. Le président Sebastian Pinera ne semble pourtant pas inquiet. Il ne cesse de louer sa gestion, donnant à penser que tout est résolu ou sur le point de l’être.

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