Revue de presse des Amériques

A la Une : Panama : réactions mitigées à l’extradition de Manuel Noriega

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« Noriega aux mains des Français », titre El Siglo. Les quotidiens panaméens reviennent évidemment sur l'extradition vers la France de l’ancien dictateur, et El Siglo se fait l'écho des réactions suscitées par l’évènement. Une partie de la classe politique panaméenne conteste le transfert. « Manuel Noriega devrait être renvoyé chez lui pour y répondre de ses crimes », dit par exemple l'ancien vice-Président Guillermo Ford. Des militaires en retraite estiment en revanche que « Manuel Noriega est bien mieux à l'étranger, pour sa propre sécurité et pour la tranquillité du pays ».

El Panama America rapporte les propos d'un diplomate : « le Général n'est pas un prisonnier de guerre mais un prisonnier de droit commun. C'est un homme du passé, un passé que nous ne voulons pas voir revenir, précise le haut fonctionnaire, il est préférable qu'il soit en France ». Cet avis est loin d'être partagé par l’ensemble de la population peut-on lire dans le journal, « beaucoup de panaméens réclament justice pour les crimes commis sous la dictature ».

La bataille juridique se joue maintenant en France

C’est ce qu’annonce à la une le Miami Herald Tribune. Manuel Noriega a passé 20 ans dans une prison de Floride et le quotidien rappelle que « l'ex-dictateur a bénéficié de conditions de détention particulièrement clémentes puisqu'il était prisonnier de guerre, seul détenu aux Etats-Unis à avoir ce statut ». Fini donc « la cellule aussi grande qu'un studio, la ligne de téléphone particulière, la télé, le vélo d'appartement (...) Et Manuel Noriega pourrait bien ne jamais revoir son pays », souligne le quotidien qui donne la parole aux avocats du Général : « si la France a réclamé l'extradition c'est parce qu'il y a eu un accord politique entre Paris et Washington (...) La famille Bush ne voulait pas qu'il retourne au Panama (...) Manuel Noriega en sait trop ».  
 
« La loi sur l’immigration en Arizona est une honte »

La loi sur l'immigration adoptée la semaine dernière par l'Arizona continue de faire couler beaucoup d'encre aux Etats Unis, mais aussi au Mexique. La nouvelle législation impose aux étrangers d'avoir, sur eux, en permanence, leurs papiers d'immatriculation. La police peut contrôler et arrêter n'importe qui sur simple « soupçon de présence illégale sur le territoire ». « L'Amérique est pleine de contradictions, commente El Universal, on s'y bat pour défendre les droits de l'homme, la démocratie et dans le même temps on encourage la paranoïa ». Le journal rappelle sobrement que « les hispaniques constituent 30% de la population américaine ».

El Financiero considère que « cette loi est une honte (…) le texte encourage la haine et la xénophobie ». Même écho dans les colonnes du Washington Post. « C'est une loi abominable, raciste arbitraire oppressive, méchante et injuste (...) Tout ce qu'on peut espérer maintenant c'est qu'elle soit inconstitutionnelle » écrit l'éditorialiste Eugène Robinson. The New Republic s'interroge : « comment l'hystérie a-t-elle gagné l'Arizona ? ». Pour le journal « les crises économiques rendent les gens fous (…) Durant la grande dépression, en 1930, 41% les mexicains présents aux Etats Unis avaient été arrêtés et renvoyés chez eux ». Pour la revue de gauche, l'histoire se répète.
 
Les haut-gradés américains obsédés par Powerpoint

Le New York Times s'intéresse à la stratégie militaire américaine en Irak et en Afghanistan avec ce titre : « Nous avons rencontré l'ennemi : c'est Powerpoint », le logiciel de présentation qui permet d'examiner une situation sur un support informatique à l'aide de tableaux, graphiques, cartes et autre diagrammes. D'après le New York Times, les militaires américains passent leur temps à concevoir des évaluations avec ce logiciel : « ça vire à l'obsession (…) Lorsqu'on utilise Powerpoint pour présenter la complexité du conflit en Afghanistan, le graphique ressemble à un bol de spaghetti ». Certains militaires tirent la sonnette d'alarme : « l'utilisation abusive du logiciel donne l'illusion de maîtriser la situation sur le terrain », l'illusion de l'ordre dans un monde en plein chaos.

Faites l’amour pas la guerre

C’est la recommandation du ministre brésilien de la Santé, un conseil relayé par le journal vénézuélien Talcual sous le titre : « plus de sexe s'il vous plait ». Au Brésil, 25% de la population souffre d'hypertension. « C'est une bombe à retardement », dit le ministre, qui préconise de « manger sainement mais aussi de pratiquer une activité physique régulière, comme danser et faire l'amour (…) Ce n'est pas une plaisanterie », affirme le ministre qui encourage donc ses concitoyens à avoir « plus de relations sexuelles, protégées évidemment ».

 

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