C1: battu à l'aller par l'Inter, le Barça peut-il s'offrir une 2e finale de suite ?

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Le FC Barcelone renaîtra-t-il des cendres de sa défaite 3-1 à l'aller pour s'offrir une deuxième finale de suite? Jose Mourinho fera-t-il renaître l'Inter Milan au plus haut niveau? La demi-finale retour de Ligue des champions mercredi exhale un parfum enivrant.

Et puis il y a Messi. Renaîtra-t-il lui aussi? Le Ballon d'Or 2009 sera-t-il sublime, comme lors des deux tours précédents au Camp Nou (doublé en 8e face à Stuttgart, quadruplé en quart contre Arsenal)? Apparaîtra-t-il dans le droit-fil d'une saison jalonnée de 40 buts toutes compétitions confondues?

Ou son génie demeurera-t-il subliminal, d'un mutisme criant, comme à l'aller en Italie? Il y était étrangement hors du coup - sauf un coup de coude, dont la mâchoire édentée de Maicon témoigne.

Un geste qui ne traduit pas le combat physique remporté par l'Inter dans la première manche. La méthode Mourinho, malgré l'ouverture du score catalane (par Pedro), avait payé, avec un bloc compact et l'essuie-glace joué par Cambiasso et Thiago Motta, coupant les ouvertures de Xavi.

Mais les données changent, comme pour radicaliser l'opposition de styles: le fluide Barça est privé de son guerrier, le capitaine Puyol (suspendu), et l'âpre Inter espère que son artiste Sneijder, blessé à la cuisse gauche samedi (3-1 contre l'Atalanta), sera remis à 100%.

Le meneur de jeu néerlandais s'est à nouveau entraîné mardi matin et fait partie d'un groupe élargi. Mais où en est-il? Avec Sneijder, l'incertitude plane sur la capacité des "Nerazzurri" à marquer ce but qui contraindrait le Barça à en inscrire au moins trois...

Mais il reste Milito. Diego, le buteur intériste, avait survolé le match aller (deux passes décisives et un but); il devrait cette fois se frotter à son frère Gabriel, sans doute titularisé aux côtés de l'impeccable Piqué.

Le lieutenant de Puyol, qui n'en finit plus de prendre du galon, a exhorté ses supporters à peser sur la partie: "Un Camp Nou comme on ne l'a jamais vu, a réclamé Piqué, qu'il n'y ait pas une chaise de libre et qu'au moment où les joueurs de l'Inter Milan entrent sur la pelouse, ils se mettent à haïr leur profession de footballeur pendant 90 minutes".

Et à la croisée de ces joueurs et de ce stade, il y a Eto'o. L'ex-attaquant barcelonais a dit qu'il ne célèbrerait pas un but éventuel dans son ancien jardin. La perspective de son duel à distance avec Ibrahimovic, contre lequel il a été échangé (à une moindre valeur), vaudra le détour, moins que celle, personnelle, d'une troisième finale de Ligue des champions (après 2006 et 2009 avec le Barça).

"Ibra"? Son fougueux caractère s'est assagi, et son jeu aussi. Avec 16 buts en Liga, il est loin du rendement qu'avait le Camerounais. Le pari du Suédois est d'être enfin héroïque sur la scène européenne. Il a marqué samedi et offert un but à Henry (3-1 contre Xerez). De quoi relancer le Français sur l'aile gauche (sachant qu'Iniesta est forfait)?

En attendant, la dynamique, associée au match aller, penche du côté de l'Inter, qui a repris la tête de la Serie A tout en ménageant plusieurs titulaires, et vient d'aligner six succès de rang en Ligue des champions.

Ses sacres dans la compétition reine remontent à 1964 et 1965 (outre une finale perdue 2-0 en 1972 face à l'Ajax de... Johan Cruyff, figure tutélaire du Barça). Un passé avec lequel l'actuel président intériste, Massimo Moratti, veut absolument renouer. Jose Mourinho a été recruté pour cela.

Mais après un 0-0 à San Siro, le Barça l'avait emporté contre l'Inter en phase de poules, 2-0, le résultat dont il rêve pour mercredi. Et il a fait de la conquête des trophées son apanage, en témoigne son inédit et indépassable sextuplé en 2009. Remporter deux C1 de suite, ce n'est plus arrivé depuis l'AC Milan 1989-1990. +Que sera sera+...