Madagascar

Les leaders malgaches discutent d’une sortie de crise à Pretoria

Le 20 décembre 2007, Andry Rajoelina (g), récemment élu maire d'Antananarivo, est reçu par Marc Ravalomanana, président malgache de l'époque.
Le 20 décembre 2007, Andry Rajoelina (g), récemment élu maire d'Antananarivo, est reçu par Marc Ravalomanana, président malgache de l'époque. AFP / G.Pourtier

Les négociations pour une sortie de crise à Madagascar ont été suspendues dans la nuit de mercredi à jeudi sans qu’un accord soit trouvé. Les discussions inter-malgaches sont placées sous les auspices de l’Afrique du Sud, pays hôte de la rencontre, de la France et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Elles se sont ouvertes mercredi et doivent se poursuivre jeudi 29 avril 2010.

Publicité

La crise dure depuis plus d'un an et empoisonne la vie des Malgaches. Cette nouvelle réunion se tient dans la capitale sud-africaine, avec les principaux protagonistes - notamment l'actuel n°1, Andry Rajoelina, et Marc Ravalomanana, l'ancien président évincé – en vue de tenter d'arracher un accord de sortie de crise. Reste à savoir maintenant si ces deux leaders malgaches apposeront leur signature au bas du document.

Tout l’enjeu à Pretoria est celui de trouver une issue durable à la crise malgache. Il s’agit notamment de s’entendre sur la composition d’un gouvernement d’union nationale avec à sa tête, ou non, l’actuel Premier ministre Camille Vital. Ce gouvernement serait chargé d’organiser, à très court terme, des élections législatives pour permettre, bien-sûr, aux Assemblées de siéger à nouveau, mais aussi de mettre sur pied un exécutif doté d’une légitimité populaire.

La question de l’amnistie et de la protection des biens de l’ancien président Marc Ravalomanana semble être un point d’achoppement. Les médiateurs sont en place à l’hôtel Sheraton, où se trouvent logés les deux leaders malgaches. A cette rencontre, il y a aussi, pour la France, le secrétaire d’Etat à la Coopération Alain Joyandet, pour Pretoria, le chef des services de renseignements sud-africains Mo Shaik. Le chef de la médiation est l’ancien président mozambicain Joaquim Chissano, au nom de la SADC.

Depuis mardi soir, les médiateurs ont eu des entretiens séparés avec Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, faisant la navette entre les deux hommes à fin d’accommoder au mieux les revendications de chacun des protagonistes.

L’objectif c’est de convaincre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina de signer un accord en présence du président sud-africain Jacob Zuma. Les anciens présidents Didier Ratsiraka et Albert Zafy seraient, dans un deuxième temps, invités à rejoindre la réunion pour apporter leur caution à l’accord si, bien-sûr, un compromis est trouvé.

Mais il ne faut pas se voiler la face : les négociations tournent autour de la personnalité et des revendications de l’homme fort de la Grand île, Andry Rajoelina, et du président évincé Marc Ravalomanana. Tous les médiateurs à Pretoria disent que la brouille entre les deux hommes est responsable de l’enlisement de la crise à Madagascar.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail