Madagascar / Politique

Impasse sur la crise malgache à Pretoria

Le président évincé de Madagascar, Marc Ravalomanana dont les conditions du retour sur la Grande île, ont été le principal point d’achoppement tout au long des pourparlers.
Le président évincé de Madagascar, Marc Ravalomanana dont les conditions du retour sur la Grande île, ont été le principal point d’achoppement tout au long des pourparlers. AFP

Les pourparlers entamés à Pretoria mercredi pour trouver une issue à la crise malgache ont pris fin vendredi 30 avril 2010 à minuit. L’homme fort de la Grande île Andry Rajoelina, le président évincé Marc Ravalomanana, et les deux anciens chefs d’Etat Didier Ratsiraka et Albert Zafy, se sont quittés sans parvenir à un accord de sortie de crise. Les délégations des quatre mouvances se sont penchées durant trois jours de négociations marathon sur un projet de préaccord parrainé par la France et l’Afrique du Sud. Une nouvelle rencontre inter-malgache est néanmoins prévue dans 15 jours à Pretoria.

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Avec notre envoyé spécial à Pretoria, Nicolas Champeaux

Aucun accord n’a été signé à l’issue des négociations, mais Joaquim Chissano, chef de la médiation, a refusé de parler d’échec.

Il n’y a pas eu à vrai dire un échec, tous les quatre se sont mis d’accord pour que pour la prochaine réunion il (y ait) une préparation un peu plus prudente, un peu plus complète… à la fin tous les quatre se sont embrassés, se sont serré la main…

Pour Joaquim Chissano, on ne peut parler d'échec

Lors d’un point de presse tard dans la nuit le médiateur de la SADC, la Communauté de développement d'Afrique australe, a évoqué le manque de temps pour régler les problèmes en suspens. Il a déclaré que les parties soutenaient la mise sur pied d’un gouvernement de transition, et l’établissement d’une commission électorale indépendante. Il n’a pas parlé de l’épineuse question de l’amnistie et des conditions du retour de Marc Ravalomanana sur la Grande île, qui ont pourtant été le principal point d’achoppement tout au long des pourparlers.

Au cours des consultations, les mouvances ont convenu de la nécessité du retour du pays à l’ordre constitutionnel, à travers un processus électoral inclusif, crédible, libre et équitable. Les leaders des mouvances ont reconnu la nécessité d’établir, avec effet immédiat, un gouvernement de transition inclusif et consensuel. Les leaders des mouvances se sont fortement exprimés en faveur des accords de Maputo et l’acte additionnel d’Addis Abeba, cependant le temps n’a pas permis des discussions exhaustives sur toutes les questions en suspens. A cet effet, les leaders des quatre mouvances se sont engagés à se rencontrer dans quinze jours, en Afrique du Sud, pour résoudre toutes les questions en suspens.

La déclaration du médiateur Joaquim Chissano à l'issue des négociations

La prochaine rencontre devra être préparée d’une façon plus prudente et plus soignée, en associant cette fois si les différentes parties, a ajouté Joaquim Chissano. S’il n’a pas voulu dire que le projet d’accord préparé par la France et l’Afrique du Sud était abandonné, il a néanmoins fait part de l’attachement des quatre parties aux accords de Maputo. Ces derniers sont pourtant caducs depuis qu’Andry Rajoelina a écarté le Premier ministre de consensus.

Andry Rajoelina a regretté dans un communiqué qu’aucun accord n’ait pu être signé. Il s’était déclaré prêt à parapher le projet d’accord dès son arrivée. Il participera néanmoins à la prochaine rencontre de Pretoria, dont le contenu et la forme restent à déterminer.

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