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TIRAILLEURS/ACTUALITES

"Le Tirailleur et les Trois Fleuves", exposition-photos de Philippe Guionie

Au Niger. Extrait de la série lauréate du prix Roger Pic, 2008.
Au Niger. Extrait de la série lauréate du prix Roger Pic, 2008. © Philippe Guionie
7 mn

Le photographe Philippe Guionie a remonté les fleuves à la rencontre des anciens combattants et de leurs familles il y a plusieurs années. Il en a ramené une série de photos témoignages et d'enregistrements qu'il réactualise voyage après voyage. Il expose son travail ces jours-ci dans deux endroits différents: à Gap (Hautes-Alpes) sous le titre de Le Tirailleur et les Trois Fleuves, à partir du 6 mai et à Niort (Deux-Sèvres) sous le titre de Le Tirailleur, Traces de mémoire à partir du 10 mai prochain.

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«Poser des visages sur l'histoire», c'est ce qu'a voulu et ce que veut faire Philippe Guionie, photographe de 38 ans, qui a passé ses années d'études d'histoire et de géographie à Toulouse, entouré d'amis du Bénin, du Togo et du Burkina Faso.

Entrainé par les livres et ses amis à la découverte de l'Afrique francophone, il s'intéresse très vite aux souvenirs des parents et grands-parents de ses camarades d'études. Souvenirs de guerres et de cause auxquels ils ont cru. «Les anciens combattants ont porté très loin le terme de francophonie». 

En 1998, après la mort d'Abdoulaye N'Diaye (104 ans), le dernier tirailleur de la Première Guerre mondiale, l'étudiant décide de fixer la mémoire des soldats de la Coloniale. Avec un appareil photo mais aussi à l'aide d'un magnétophone, il part à la recherche des tirailleurs encore en vie.

D'année en année, Philippe Guionie accumule les documents qu'il parvient à exposer d'abord, dans des centres culturels en Afrique, puis en France. Au compteur : 300 photographies d'anciens combattants et de leurs familles. «Je ne photographie pas tout le monde» précise-t-il.

Désormais, le scénario de la quête est bien huilé. Arrivé dans un pays, le photographe commence par lancer ses appels aux témoignages dans les radios, rend visite à la Maison des Anciens Combattants, installe son studio-photo sur place, puis s'enfonce dans la savane à la recherche des «isolés». Une activité qui crée une fonction, celle de messager. «Quand on entreprend ce type de recherches, on ne fait pas l'économie d'écouter les doléances, d'emporter les dossiers et de diriger les personnes vers les services administratifs compétents, ou encore de transporter des médicaments». Un rôle qui, au Bénin, lui a valu le surnom du Blanc-qui-revient-toujours.

Prochain voyage au Congo-Brazzaville et au Tchad en juin/juillet.
Le magazine Polka n° 9 (mai 2010) publie les photos de Philippe Guionie consacrées aux tirailleurs.

Le Tirailleur et les Trois Fleuves

«Sénégal, Niger et Congo étaient les trois grands fleuves de l’ex-Empire colonial français. Trois chemins de pénétration et d’influence française que le tirailleur africain a emprunté dans son parcours d’homme et de soldat. Aujourd’hui, la série Le Tirailleur et les Trois Fleuves propose de reprendre ces trois itinérances africaines pour poser un regard artistique et mémoriel sur ce patrimoine humain méconnu.

(...)

Ces tirailleurs africains sont, pour quelques années encore, nos contemporains. Ils vivent quelque part dans la brousse ou le bled, le quartier ou le foyer. Ce ne sont que des hommes devenus vieux dans leurs corps, déjà presque morts dans nos mémoires «oublieuses ». Ce ne sont que des femmes qui perpétuent sur le front de la mémoire, le visage et la parole de leurs vieux. Ce ne sont que des jeunes, descendants et ayants droit, qui savent ou ne savent pas. Ce ne sont que des jours de peur sans mémoire. Le tirailleur marche seul, sa mémoire aussi.»

Exposition Le Tirailleur et les Trois Fleuves de Philippe Guionie du 7 mai au 26 juin à la galerie du Théâtre de La Passerelle à Gap (Hautes-Alpes).
 

Le Tirailleur, Traces de mémoire

En région Poitou-Charentes, à l’initiative du Carré Amelot, à La
Rochelle et de «Pour l’Instant» à Niort, le photographe Philippe Guionie a bénéficié d’une résidence de 3 mois afin d’interroger les traces mémorielles des anciens combattants africains et nord-africains et de leur descendance.

L’histoire du paquebot Afrique en 1920, le casernement du 12ème régiment de tirailleurs sénégalais à la Rochelle pendant les années 30 et celui du 1er régiment de tirailleurs algériens à Niort, au début des années 60, leur participations aux combats de Royan en 1945... sont autant de témoignages de leur présence sur le territoire régional.

Exposition Le Tirailleur : Traces de mémoire de Philippe Guionie du 10 au 27 mai 2010 à la galerie Le Pilori, à Niort (Deux-Sèvres).

                                                             (Extraits des présentations)

Le site de Philippe Guionie
 

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