Etats-Unis / Marée noire

Marée noire au large des Etats-Unis: BP assume

Le PDG de BP, Tony Hayward, face aux journalistes à sa sortie du ministère de l'Intérieur à Washington, le 4 mai 2010.
Le PDG de BP, Tony Hayward, face aux journalistes à sa sortie du ministère de l'Intérieur à Washington, le 4 mai 2010. REUTERS/Yuri Gripas

La compagnie pétrolière britannique BP, opérateur de la plate-forme qui a sombré au large du golfe du Mexique, s’est engagée, lundi 3 mai, à assumer financièrement le nettoyage des côtes et à indemniser les victimes.

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BP est « absolument responsable » du nettoyage de la marée noire, a déclaré lundi 3 mai son PDG Tony Hayward. Vivement mis en cause dimanche par le président américain Barack Obama, il s’est également engagé à indemniser les victimes potentielles du désastre. BP a déjà débloqué une première enveloppe de 25 millions de dollars à chacun des quatre Etats concernés par la marée noire (la Louisiane, le Mississippi, l’Alabama et la Floride) pour lancer des projets de nettoyage. Ce n’est qu’un début. La facture de ce nettoyage est estimée entre 2 et 3 milliards de dollars, selon l’agence d’évaluation financière Fitch Ratings.

Avec le renfort de l’armée américaine, BP a mis en œuvre de gros moyens. Une cinquantaine de bateaux, 5 hélicoptères et 2 000 personnes ont été affectés aux opérations. La compagnie a également embauché des pêcheurs de la zone concernée pour tenter d’endiguer la marée noire qui menace les côtes américaines. La nappe de pétrole issue de la plate-forme Deepwater Horizon qui a coulé le 20 avril dernier, est toujours à 15 kms des rives de Louisiane. Une véritable catastrophe, sachant que 5 000 barils de pétrole s’écoulent par jour.

Un projet de loi pour faire payer les pétroliers

Si BP a très rapidement reconnu sa pleine responsabilité, c’est aussi parce que la loi américaine lui en fait obligation. Depuis l’entrée de l’« Oil Pollution Act de 1990 » adopté après le naufrage de l’Exxon Valdez, les pétroliers sont obligés de faire financièrement face à leurs responsabilités. C'est-à-dire payer le coût de la marée noire et les dommages économiques résultant de la catastrophe.

Il y a aussi, pour la compagnie britannique, un enjeu de communication majeur. Le naufrage pourrait durablement peser sur l’image de la marque BP. Une réputation déjà entachée par un accident au Texas en 2005. Face à l’ampleur de la catastrophe, les Etats-Unis devraient durcir leur législation. Des sénateurs américains ont déposé, lundi 3 mai, un projet de loi pour relever le plafond des indemnisations dues par les compagnies pétrolières en cas de dommages économiques de 75 millions à 10 milliards de dollars.

Les futurs forages remis en question

Mais pour Francis Perrin, directeur de la revue Pétrole et gaz arabes, l’accident sur la plate-forme Deepwater Horizon de BP devrait entrainer d’autres conséquences : « les Etats-Unis vont donner un tour de vis en matière de sécurité à toute l’industrie pétrolière travaillant off shore. Barack Obama pourrait également reconsidérer son plan de reprise des forages offshore. Le 1er avril dernier, l’administration Obama a indiqué qu’elle souhaitait ouvrir de nouvelles zones à l’exploration et exploitation pétrolière et gazière, dont une zone du golfe du Mexique et une partie de l’offhore Atlantique et de l’offshore Alaska ».

Barack Obama a indiqué qu’aucune nouvelle autorisation de forage ne sera délivrée avant un « examen complet des causes de l’explosion de la plate-forme de BP » et « l’adoption de nouvelles normes de sécurité ». Les autorités américaines ont annoncé, lundi, la création d’une commission chargée d’examiner la sécurité des opérations à bord des plates-formes pétrolières et de renforcer les contrôles des équipements. De nouvelles normes de sécurité qui entraineront des investissements pour les compagnies pétrolières et donc à terme un pétrole plus cher.

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