Royaume-Uni

La presse britannique tourne le dos à Gordon Brown à la veille des législatives du 6 mai

Gordon Brown à l'Université Glyndwr à Wrexham, North Wales, le 04 mai 2010, après un discours devant ses partisans.
Gordon Brown à l'Université Glyndwr à Wrexham, North Wales, le 04 mai 2010, après un discours devant ses partisans. REUTERS/S. Plunkett

La plupart des quotidiens britanniques ont pris position. Dernier en date à manifester sa préférence politique, le Financial Times a apporté mardi 4 mai son soutien aux conservateurs. Le Premier ministre travailliste Gordon Brown a été lâché par la presse.

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L’influent quotidien économique Financial Times estime que le Labour a besoin d’une cure dans l’opposition pour se revitaliser. Dans un éditorial, le journal économique reconnaît que l’équipe du leader conservateur David Cameron « manque d’expérience » mais pense que ce sont les Tories qui pourront instaurer « le meilleur climat pour les entreprises et la création de richesses ».

Déjà à la traîne dans les sondages, le Premier ministre Gordon Brown se retrouve de plus en plus isolé dans la presse écrite britannique. Deux autres journaux clefs, le Guardian et le Times, lui ont tourné le dos, tout comme l’hebdomadaire The Economist. The Independent soutient les libéraux-démocrates de Nick Clegg, davantage vendeur auprès de certains lecteurs du journal, des jeunes cadres à sensibilité travailliste qui trouvent désormais que le leader du Labour manque singulièrement d’éclat. Seul le tabloïd Daily Mirror reste fidèle à Gordon Brown et au Labour et appelle à faire barrage aux conservateurs.

Des relations tendues entre le Premier ministre et l’empire de presse Murdoch

Le carnet de campagne de France 24

C’est sur ordre de James Murdoch en personne, le fils cadet du magnat de la presse Rupert Murdoch, que le Times a lâché le Labour au profit des Tories. Eurosceptique et libéral, plus marqué à droite que son père, James Murdoch se sent en phase avec le leader conservateur David Cameron. D’ailleurs le journal populaire The Sun, qui appartient aussi à l’empire de presse des Murdoch et tire à près de 3 millions d’exemplaires, s’est rangé dès septembre 2009 derrière les conservateurs, après avoir soutenu Tony Blair en 1997, contribuant à la victoire des travaillistes.

James Murdoch est proche d’Andy Coulson, directeur de la communication du leader des Tories et ancien rédacteur en chef de News of the World, premier hebdomadaire dominical britannique, fer de lance de la presse à sensation. On dit aussi que Murdoch Junior entend faire payer à Gordon Brown l’obligation imposée récemment à son bouquet numérique BSkyB de laisser ses rivaux diffuser ses chaînes sportives.

Les Lib Dems de Nick Clegg reçoivent le soutien de journaux alliés des travaillistes

The Guardian, quotidien de centre gauche qui soutenait traditionnellement les travaillistes, a annoncé son appui enthousiaste aux libéraux-démocrates de Nick Clegg et à leur intention de faire changer l’actuel système électoral uninominal à un tour qui favorise le bipartisme gauche-droite au détriment des autres formations. Mais, à l’exception notable du tabloïd The Sun, la presse n’a pas une influence notable sur le choix des électeurs britanniques.

« Ces prises de position sont de la gesticulation. Depuis 1992 la presse écrite ne fait plus l’élection », souligne Roy Greenslade, professeur de communication à la City University, interviewé par Le Monde. La télévision a pris le dessus : vingt et un millions de téléspectateurs au total ont suivi les débats entre le travailliste Gordon Brown, le conservateur David Cameron et la nouvelle coqueluche de la scène politique britannique, le libéral-démocrate Nick Clegg.

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