Accéder au contenu principal
Football/Coupe du monde

Paul Le Guen: « Je ressens une attente colossale »

Paul Le Guen s'attend à vivre une expérience formidable avec les Lions
Paul Le Guen s'attend à vivre une expérience formidable avec les Lions RFI
Texte par : Pierre Firtion Suivre | Christophe Carmarans | Eric Mamruth
6 mn

Nommé à la tête du Cameroun l’été dernier, Paul Le Guen a stabilisé une équipe alors très mal engagée dans les éliminatoires. Absents du Mondial 2006, les Lions Indomptables veulent retrouver le devant de la scène en Afrique du Sud. Leur sélectionneur s’est confié à RFI avant le départ en stage de préparation (2e partie de l'entretien).

Publicité

Parlez-nous de vos adversaires dans le groupe E. Le Japon au 1er match puis le Danemark et enfin les Pays-Bas, cela va aller crescendo...
Je pense que les Pays-Bas sont au-dessus, clairement. Ils ont tellement de joueurs de talent qu’ils ne peuvent être que favoris du groupe avec Van Bommel, Robben, Sneijder, Van Persie... Ils ont une puissance que les autres équipes n’ont pas. Après, derrière, je pense qu’entre le Japon, le Danemark et le Cameroun cela peut-être serré. Mais nous avons notre mot à dire.

Vous aurez suffisamment de temps pour bien vous préparer ?
Oui, on a du temps. On ne commence la compétition que le 14 juin. Là, on rassemble les joueurs le 20 mai, cela laisse l’opportunité de bien travailler. Et puis on va bouger. On va faire des matchs amicaux difficiles mais intéressants. Ce sont des vrais tests. Jouer le Portugal au Portugal, la Serbie en Serbie, c’est compliqué. Ce sont des matchs durs mais je crois qu’on a besoin de ça.

Quel est l’objectif du Cameroun dans cette Coupe du monde ?

Le premier objectif, c’est de sortir de poules. C’est déjà une poule difficile avec des équipes proches les unes des autres. Après, si par bonheur on réussissait ça, on serait en huitièmes de finale. A partir de là, ça se joue au match par match et ça devient compliqué d’annoncer un objectif.

Il y a toujours beaucoup d’attente au Cameroun vis à vis de l’équipe nationale, d’autant que les Lions n’étaient pas en Allemagne en 2006. Vous ressentez de l’attente autour de l’équipe ?
Oui, je ressens de la pression. Je ressens une attente colossale parce que le lien entre l’équipe nationale et le peuple au Cameroun, c’est quelque chose d’incomparable. Moi, c’est la première fois que je ressens ça et forcément, ça donne des responsabilités. Ca donne la nécessité de s’engager complètement, de s'investir et de tout faire pour que ça se passe bien. Après, il y a les aléas du foot mais il faut vraiment bien bosser, ne serait-ce que par rapport à cette attente.

C’est facile à gérer tout ça ?
Ca va, j’ai une certaine habitude. On n’est pas à plaindre. S’occuper d’une équipe comme le Cameroun à la Coupe du monde, c’est quand même une expérience formidable.

Les joueurs camerounais ont la réputation d’être des compétiteurs-nés, vous avez pu observer ça déjà, depuis que vous êtes en poste ?
Oui, notamment durant les éliminatoires. Ils ont su faire l’union sacrée. L’objectif était suffisamment fort pour qu’ils soient complètement mobilisés. C’est ce que je veux retrouver à la Coupe du monde: la capacité à se mettre au service de l’équipe nationale. D’être unis pour les intérêts de l’équipe du Cameroun. Je crois qu’ils ont cette capacité-là, qu’ils ont cet orgueil là. J’espère qu’ils auront ce talent-là aussi pour les matchs de la Coupe du monde.

Vous avez déjà édicté des règles en ce qui concerne l’hygiène de vie, l’organisation, l’entourage de l’équipe ?
Ma préoccupation aujourd’hui, c’est que l’organisation se mette bien en place. On a déjà des petits problèmes de visas, des problèmes d’acheminement des joueurs. Moi je veux être en place le plus rapidement possible, être débarrassé de tout ça et s’entraîner parce qu’on a besoin de travailler sur le terrain, dans un cadre bien défini de discipline. Mais je suis assez confiant parce que, encore une fois, l’objectif est fort. Les joueurs savent qu’ils sont en position de réussir quelque chose de bien mais à condition d’être disciplinés et d’être concentrés.

Et pour y parvenir vous disposez de bons relais dans l’équipe...
On soulignait l’importance de Rigobert Song et de Geremi. Pour ça, ils sont utiles aussi. Ils sont capables de transmettre ce discours-là, de veiller à ce que ce soit respecté. Bon, évidemment, il y a Samuel Eto’o dont la présence est encore plus indispensable. Mais je pense que Geremi et Song sont aussi des relais intéressants.

En 2002, des problèmes de primes avaient miné la préparation. Tout est réglé de ce côté-là ?
Ca va être réglé. Avec le Ministère et la Fédération. J’ai demandé à ce que ce soit réglé le plus rapidement possible. J’ai pris les choses en amont et je veux que ce soit réglé avant.

Être sélectionneur d’une équipe africaine, ce n’est pas toujours évident. Il peut y avoir des pressions extérieures pour, par exemple, faire jouer l’équipe de telle ou telle manière, comment gère-t-on ça ?
Non, je n’ai pas eu à subir ce genre de pression. Je fais mes choix en totale indépendance. Je sais que c’est un privilège en Afrique mais c’est vraiment le cas. Je pense qu’ils ont très vite compris que je ne fonctionnais pas comme ça. Je suis tranquille et je travaille de façon très simple.

Ce sera la première Coupe du monde en Afrique, cela peut constituer un avantage pour les sélections africaines ?
Je pense qu’il peut y avoir une atmosphère favorable. Je pense que les Africains vont soutenir les Africains. Il y aura une solidarité et je pense que ça peut être un atout.

Les joueurs vont se sentir un peu « à la maison » ?
Oui j’ai ce sentiment-là. A travers ce que j’entends, ce que j’ai ressenti en Afrique du Sud lorsque je suis allé au tirage au sort et superviser nos installations.

Une équipe africaine peut aller au bout dans cette Coupe du monde ?
Oui, pourquoi pas ? Le Ghana, la Côte d’Ivoire sont des équipes qui ont du potentiel. Quand on voit le potentiel offensif de la Côte d’Ivoire, on est impressionné quand même ! Ils ont la moitié de l’attaque de Chelsea avec Kalou et Drogba, ils ont Gervinho... Quant au Cameroun, évidemment que l’on fait tous ce doux rêve. Ce n’est qu’un rêve mais on a forcément ce genre d’espoir.

RETROUVEZ LA PREMIÈRE PARTIE DE L'ENTRETIEN
 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.