Ethiopie

Des élections sans suspense ce dimanche en Ethiopie

Un homme en train de préparer les isoloirs la veille des élections le 22 mai 2010 à Addis-Abeba
Un homme en train de préparer les isoloirs la veille des élections le 22 mai 2010 à Addis-Abeba REUTERS/Thomas Mukoya

Les Ethiopiens sont appelés aux urnes dimanche 23 mai pour élire leurs représentants au Parlement et les conseils locaux. Près de 32 millions de votants ont été enregistrés et 43 000 bureaux de votes seront ouverts à partir de 6 heures (heure locale) du matin. Mais il y a peu de suspens, en tout cas, le pouvoir a tout fait pour éviter une surprise. L'opposition elle-même reconnaît avoir peu de chances de l'emporter. Elle en attribue la raison au renforcement de l'emprise qu'exerce sur le pays le parti du Premier ministre Meles Zenawi, depuis les élections de 2005, entachées de violence. A l'époque précisément, l'opposition avait créé la surprise.

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Un processus libre et démocratique selon le bureau électoral, verrouillé et biaisé selon l’opposition...

L'organisation des élections

La surprise, c’est précisément ce qu’a voulu éviter le pouvoir éthiopien cette année. En 2005, les bons scores de l’opposition l’avaient pris de cours, le processus s’était achevé par un bain de sang.

Cette année, l’enjeu pour le régime en place depuis 19 ans n’est pas seulement la victoire, mais le déroulement paisible du scrutin. Rien n’a été laissé au hasard. Le bureau national électoral insiste sur la formation des 220 000 agents électoraux déployés dans le pays, neutres selon lui, à la solde du parti dominant, selon l’opposition.

Les programmes en langues locales de la radio VOA sont brouillés depuis déjà plusieurs semaines, ceux de la Deutsche Welle l’étaient vendredi 21 mai mais le gouvernement a démenti toute interruption volontaire.

Dernières consignes

Samedi 22 mai en fin de journée, le Bureau national électoral en charge de l’organisation du scrutin a donné ses dernières consignes avant le scrutin de dimanche.

« Toute activité de campagne est interdite. Toute arme, tout document électoral susceptible d’affecter le développement du scrutin sont interdits. Nous appelons tous les partis à s’abstenir de toute activité susceptible d’affecter l’exercice libre du droit de vote. », a annoncé Merga Bekana, président du bureau.

La veille du scrutin, l’ambiance était très calme dans Addis Abeba, la capitale a pourtant la réputation d’être acquise à l’opposition. Rien à voir en tout cas avec la fièvre électorale de 2005, il est vrai que beaucoup cette année s’attendent à une victoire écrasante du parti au pouvoir. Si tel est le cas, commente un opposant, il faudra plutôt parler de fraude écrasante.
 

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