Burundi

Burundi: l'opposition ne reconnait pas les résultats des communales

Le personnel du bureau de vote de Bujumbura au Burundi le 24 mai 2010.
Le personnel du bureau de vote de Bujumbura au Burundi le 24 mai 2010. AFP/Esdras Ndikumana

Dans un communiqué commun, les principaux partis d'opposition, FNL et Frodebu notamment, dénoncent « les fraudes massives orchestrées par le parti au pouvoir » et réclament l'annulation du scrutin des élections communales du 24 mai. Les résultats partiels publiés ce mardi 25 mai donne le parti au pouvoir CNDD-FDD largement en tête. Il remporterait 57 des 70 communes dont les résultats ont été dépouillés, sur un total de 129 communes. Mais l'opposition ne l'entend pas de cette oreille.

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Certains partis de l’opposition essayent de se donner une justification à leur [échec] aux élections.

Onésime Nduwimana, porte-parole du CNDD-FDD, formation du président Nkurunziza

Les résultats provisoires publiés dans l’après-midi par la commission électorale sont sans appel. Il s’agit d’un raz de marée en faveur du parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD (le Conseil national pour la défense de la démocratie - Forces de défense de la démocratie). Des résultats que viennent de rejeter ce mardi soir une partie de l’opposition dont l’ex-rébellion des FNL (Forces nationales de libération) le Frodebu (le Front pour la démocratie au Burundi) ou le MSD (le Mouvement pour la solidarité et le développement).

« Nous nous rejetons en bloc tous ces résultats là parce qu’ils dénotent une fraude massive qui a été préparée et réalisée par le parti au pouvoir », explique Chauvineau Nugwengezo, porte-parole de l’opposition.

« Un monopartisme de fait »

Principales accusations : le parti au pouvoir aurait bourré les urnes, il aurait profité d’une coupure d’électricité inopinée, lundi soir, pour interchanger les urnes dans certains bureaux de vote, selon l’opposition qui demande l’annulation du scrutin et l’organisation de nouvelles communales.

L’ex-rébellion des FNL, arrivée en deuxième position au cours de ces élections, va plus loin : « Le résultat n’est pas vraiment acceptable. La Ceni n’a pas à maintenir ce résultat, tant qu’il est contesté, si non on ne va pas se moquer du monde en participant à d’autres élections. Ils n’auront qu’à y aller eux seuls. Parce qu’ils veulent que l'on soit dans un monopartisme de fait », estime son président Agathon Rwasa.

Quelle va être la réponse de la commission électorale du Burundi ? Son président se félicitait encore ce mardi matin d’un scrutin calme et exemplaire. Un point de vue que partagent largement les représentants de la communauté internationale accrédités à Bujumbura.

Les résultats sont programmés d’avance (…) c’est pour ça que nous demandons qu’on reprenne ces élections.

Agathon Rwasa, chef de l'ex-rébellion burundaise des Forces nationales de libération (FNL)

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