25e sommet Afrique-France

Débat à Nice autour de la place de l'Afrique au Conseil de sécurité de l'ONU

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, le 30 mai, à Nice.
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, le 30 mai, à Nice. © F. de La Mure / MAEE

La place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale, en clair, la place de l'Afrique au Conseil de sécurité de l'ONU est en discussion à Nice. L'Union africaine a adopté une position commune sur la question, mais elle n'a pas encore trouvé d'accord avec la France.  

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Le chef de l’Etat français a affirmé dans son discours qu’il fallait faire une place à l’Afrique : « Le Conseil de sécurité doit être réformé », a martelé Nicolas Sarkozy qui s’est toutefois bien gardé de rentrer dans le détail du nombre de sièges qui pourraient revenir au continent africain en cas de réforme de ce Conseil de sécurité des Nations unies.

Il est absolument anormal que l'Afrique ne compte aucun membre permanent du Conseil de sécurité.

Nicolas Sarkozy, président de la République française

Dimanche soir 30 mai, les ministres des Affaires étrangères et leur homologue français, Bernard Kouchner, ont longuement discuté de la place que pourrait occuper le continant africain dans ce futur Conseil de sécurité des Nations unies une fois la réforme entérinée.

L’Union africaine a adopté une position, baptisée « consensus d’Elzulwini », au terme de laquelle les Africains souhaitent obtenir deux sièges de membres permanents avec droit de veto, ainsi que deux sièges supplémentaires non permanents.

L'important, c'est que l'on répare l'injustice que l'on a fait à l'Afrique depuis 1945...

Jean-Marie Ehouzou, ministre des Affaires étrangères

Cet objectif semble irréaliste pour beaucoup de pays occidentaux, dont la France. « Nous avons tenté de faire évoluer les choses »,  a affirmé le ministre français des Affaires étrangères.

Selon plusieurs sources, le débat a été particulièrement animé. Les pays d’Afrique australe refusant d’assouplir la position de l’Union africaine. Selon une source diplomatique, certains Etats de la SADEC (Communauté de développement de l'Afrique australe) se seraient même interrogés sur la légitimité de la France à lancer ce débat.

« Ce n’est pas simple, c’est assez contrasté », a reconnu Bernard Kouchner qui a admis que le débat n’avait pas permis de trouver une solution. Le débat devait se poursuivre ce lundi après-midi 31 mai au niveau des chefs d‘Etat,  lors d’une séance de travail à huis clos, coprésidée par Nicolas Sarkozy et le président camerounais, Paul Biya.

Nous voulons une représentation africaine dans toutes les institutions internationales mais on ne va pas l’imposer.

Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères

Denis Sassou N’Guesso, le chef de l’Etat congolais, a réaffirmé dans la matinée au micro de RFI que la position de son pays « était celle de l’Union africaine, c'est-à-dire deux sièges permanents ». « On ne peut pas gérer les affaires du monde sans l’Afrique, je suis persuadé que tout le monde comprend »,  a souligné Denis Sassou N’Guesso.

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