Anelka, la trappe se referme sur l'enfant terrible

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Suspendu 18 matches en Bleu par sa fédération pour avoir insulté Raymond Domenech, Nicolas Anelka s'est rapproché mardi un peu plus du point final d'une carrière en équipe de France écrite en pointillé depuis 1998, entre frasques et déclarations intempestives.

A 31 ans et après avoir déjà fait partie il y a 12 ans du club des six recalés de dernière minute du Mondial français, "l'enfant de Trappes" aurait dû accéder à la reconnaissance suprême en disputant sa première Coupe du monde cet été.

Las, l'expérience sud-africaine a viré au condensé malheureux d'une décennie d'allers et retours plus ou moins long chez les Bleus, au gré de ses propres turpitudes en club ou de ses prises de becs répétées avec les différents sélectionneurs (Jacquet, Lemerre, Santini).

Celle avec Raymond Domenech, entraîneur insulté à la mi-temps d'un triste France-Mexique (0-2) le 17 juin à Polokwane lors du Mondial-2010, a de grandes chances d'être la dernière ligne d'un "casier disciplinaire" presque aussi long que son palmarès.

Avant cela, il y avait aussi eu cette claque assénée à un journaliste lors de son retour au Paris SG et, de façon plus générale, l'influence négative de ses "frères-agents".

"Je ne me suis jamais donné comme objectif dans ma vie, dans ma carrière, de faire un Mondial. J'ai très bien vécu sans ça pendant 31 ans", déclarait-il d'ailleurs de façon presque prémonitoire le 11 mai à l'AFP, sans forcément s'imaginer une vie en Bleu au lendemain de la Coupe du monde.

En le sanctionnant de 18 matches de suspension pour son rôle déclencheur dans la débâcle d'une équipe de France gréviste, les membres de la commission de discipline de la fédération ont évité au meilleur buteur d'Angleterre en 2009 bien des questionnements à venir.

Alors que ses séjours à Arsenal, au Real et à Chelsea, pour ne citer que les plus prestigieux de ses clubs, lui ont largement permis de garnir son armoire à trophées, ses uniques récompenses internationales chez les A resteront l'Euro-2000, disputé dans l'ombre d'Henry, Trézéguet et Wiltord, ainsi que la peu relevée Coupe des Confédérations l'année suivante.

Lancé prudemment par Jacquet, utilisé à petite dose par Lemerre, Anelka a connu sa première véritable cassure avec Santini, exigeant même des excuses d'un sélectionneur accusé de ne pas lui faire confiance.

Anelka finit par faire amende honorable mais il doit attendre l'arrivée de Raymond Domenech pour mettre fin à plus de trois ans de traversée du désert en Bleu, entre le 17 avril 2002 et le 9 novembre 2005, jour de la réconciliation à l'occasion d'un France-Costa Rica à la Martinique taillé pour lui.

Mais il partait de trop loin et ce retour s'avèrait insuffisant pour disputer le Mondial-2006 alors qu'il se remettait à briller en club, devenant presque l'égal de Drogba chez les Blues.

Quelques buts déterminants, alors que l'équipe de France est mal engagée dans son parcours de qualification pour le Mondial-2010, lui permettent enfin de devenir un cadre chez les Bleus et d'affirmer un statut d'incontournable.

Jusqu'à la phase finale, lors de laquelle il se met soudainement à déjouer, faisant fi des consignes de Domenech.

"Ca devait exploser", reconnaîtra-t-il ensuite, tout en niant les insultes mises dans sa bouche par le quotidien L'Equipe qu'il a attaqué depuis en diffamation.

Depuis le crash, son compteur personnel indique 69 sélections et 14 buts en Bleu. Probablement pour l'éternité.