Coupe Davis Serbie-France: Novak Djokovic, un rêve de capitaine

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Patriote convaincu, grand remueur de foule et fin manieur de raquette, Novak Djokovic est un joueur que tout capitaine de Coupe Davis rêverait d'avoir à sa disposition: hélas pour le Français Guy Forget, il sera dans l'équipe d'en face, la Serbie, en finale le week-end prochain à Belgrade.

C'est peu dire que les chances serbes reposent essentiellement sur les épaules du N.3 mondial, toujours en forme en cette fin de saison, il vient de le montrer en atteignant les demi-finales du Masters.

Depuis ses débuts en Coupe Davis en 2004, à l'âge de 17 ans, il a suffi que "Nole" perde un match en simple pour que la Serbie s'incline.

Cette année, Djokovic a donc réussi un sans-faute en battant les Américains John Isner et Sam Querrey, les Croates Ivan Ljubicic et Marin Cilic puis le Tchèque Tomas Berdych dans une demi-finale où les Serbes ont failli se mordre les doigts de ne pas l'avoir engagé dès le vendredi.

Revenu épuisé de sa finale de l'US Open, il avait laissé sa place à Viktor Troicki pour le premier simple, dans une rare entorse à un engagement jamais démenti pour son équipe.

C'est que ce fils d'un propriétaire de pizzeria, né en 1987 à Belgrade, a la fibre nationale et ne se ménage pas pour promouvoir l'image de son pays, que ce soit sur le court ou en dehors.

A une époque où les stars du circuit se désistent dès que le calendrier ne leur convient pas, lui n'a pas manqué un seul tour de Coupe Davis depuis 2006.

Avec son père, il s'est aussi démené pour créer le tournoi ATP de Belgrade en 2009, afin d'enraciner le tennis dans une terre vouée aux sports collectifs (basket, foot, volley, hand, water-polo).

Il n'hésite pas non plus à s'engager sur le terrain plus controversé de la politique. Il y a deux ans, il avait utilisé son talent de communiquant lors d'une visite très médiatisée au Kosovo, d'où sa famille est originaire, pour soutenir les opposants à l'indépendance.

Car cet homme cultivé - il dit emmener toujours trois ou quatre livres lors de ses pérégrinations autour du globe - est aussi un surdoué du marketing, parfaitement adapté au sport de son époque.

Il n'a pas son pareil pour se mettre un public dans la poche, grâce à un bon mot au micro du speaker ou à une de ses fameuses imitations de joueurs (Nadal, Roddick, Sharapova...) qui avaient fait chavirer le Central de l'US Open en 2007 après avoir parcouru le web.

Dernière facétie en date, son entrée devant les 17.000 spectateurs du Masters à Londres, affublé d'un bandeau de pirate, "clin d'oeil" à un problème de verre de contact qui lui avait gâché son match contre Nadal l'avant-veille.

"Nole" jouera certainement dans un registre moins burlesque le week-end prochain, mais il saura sans nul doute enflammer la Beogradska Arena pour un événement qu'il qualifie lui-même "d'énorme".

Heureusement pour les Français, il y a aussi des défauts à la cuirasse.

Ils ne sont pas à chercher du côté de la technique car le vainqueur de l'Open d'Australie et du Masters (2008) possède tous les coups du tennis, sauf peut-être une volée encore perfectible.

Son mental en revanche a ses faiblesses et le Serbe se laisse parfois déstabiliser dans l'adversité, d'où une certaine tendance à jeter l'éponge dans les grands événements.

On note ainsi dans sa carrière des abandons en cours de match à Roland-Garros, à Wimbledon, à l'Open d'Australie, à Monte Carlo et aussi en Coupe Davis, dans un simple décisif contre la Russie en 2008.