Au Grand Palais, l'escrime française attend son or de gloire pour les mondiaux 2010

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A Paris, sous la splendide verrière du Grand Palais, les rêves d'or se font deux fois plus grands pour les tireurs français, qui entendent bien profiter de l'effet Championnats du monde à la maison (4-13 novembre) pour redonner ses lettres de noblesse à l'escrime nationale.

Après deux journées de phases éliminatoires dans une salle traditionnelle jeudi et vendredi, les plus fines lames de la planète investiront à partir de samedi ce grandiose monument de la capitale, situé à deux pas des Champs-Elysées.

"Ce serait une bonne idée de gagner là, avec le drapeau au-dessus de la tête et la Marseillaise !", souligne Eric Srecki, l'ancien gloire de l'épée française qui est aujourd'hui Directeur technique national.

Si l'escrime est historiquement une grande pourvoyeuse de médailles françaises aux Mondiaux comme aux jeux Olympiques, la France a bien perdu en grade ces dernières années face à ses vieilles rivales, l'Italie ou la Russie.

D'expérience, les Français n'en manquent pas cependant, à l'image de la figure de proue de l'équipe, Laura Flessel. Quatorze ans après son double sacre à l'épée aux Jeux d'Atlanta en 1996, la Guadeloupéenne qui fêtera ses 39 ans samedi continue de faire mouche comme le prouvent ses deux médailles de bronze aux Championnats d'Europe à Leipzig en Allemagne en juillet.

Conscients des attentes décuplées par la vitrine de luxe que leur offre le Grand Palais, les tireurs français devront éviter que cette émulation ne se transforme en pression. "On aura la chance d'avoir 99% si ce n'est pas 100% d'encouragements. Je le prends comme un élément motivant et non pas stressant", insiste Laura Flessel.

"Oui, c'est exceptionnel, aussi parce que le lieu est prestigieux, mais pour moi, le Grand Palais ne représentera qu'un gymnase qui accueillera beaucoup de délégations. Dans ma tête, je veux banaliser le lieu pour mieux me concentrer et finaliser mon objectif qui est l'or", affirme la triple médaillée olympique et sextuple médaillée mondiale en individuel.

Pour que ces Mondiaux à mi-chemin entre les Jeux de Pékin et ceux de Londres soient un succès sportif, la fédération française vise entre quatre à six podiums. Des ambitions modestes comparées à celles de l'Italie, qui cherchera à faire aussi bien que l'an dernier à Antalya en Turquie, où elle avait raflé neuf médailles dont quatre en or.

Dimanche, jour du fleuret, promet de virer à la fête italienne avec la diva Valentina Vezzali, le plus beau palmarès de toute l'histoire de l'escrime, et Andrea Baldini, le seul double médaillé d'or des Mondiaux-2009.

"Cette saison, nous avons réussi à réitérer notre suprématie tant du côté masculin que féminin", souligne Stefano Cerioni, le directeur technique du fleuret italien. "Il nous appartient de confirmer sur les pistes françaises, bien conscients, que nous pouvons écrire l'histoire."

Dans ses rangs, la squadra azzurra affichent d'autres grands champions, dont Matteo Tagliariol à l'épée, ou Aldo Montano, au sabre.

La Russie, elle, se présentera à Paris avec trois titres individuels à défendre, les deux à l'épée et le troisième au fleuret féminin.