Handball: Montpellier bat Cesson dans un match presque ordinaire

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Deux mois après l'affaire des paris truqués, Montpellier et Cesson-Sévigné se retrouvaient jeudi soir pour une rencontre de championnat peu ordinaire, sur laquelle planaient les souvenirs nauséabonds du match qui a créé le scandale, en mai.

Ce n'était pas l'affluence des grands soirs pour cette rencontre disputée en semaine: à peine 2400 spectateurs pour 3500 places dans le palais des sports René-Bougnol. En revanche, la tribune de presse avait fait le plein et surtout le match était diffusé par Canal+ qui en avait fait son affiche de la 11e journée du Championnat de France, signe d'un match pas si ordinaire.

"Je suis surpris que Canal+ ait choisi ce match", commentait en tribune Alain Crach, 57 ans, un abonné de longue date. "Pour moi ce n'est pas une affiche particulière, et en plus l'intérêt sportif est limité, en face ce n'est pas Chambéry ni le PSG."

Mais il faut dire que même s'il n'y est pour rien, le nom du club de Cesson-Sévigné, ville de la banlieue de Rennes, restera pour toujours associé au plus grand scandale qu'ait connu le handball français.

C'est en effet à l'occasion de la rencontre Cesson-Montpellier du 12 mai, perdue par les Héraultais (31-28), que sept joueurs montpelliérains, dont le champion olympique Nikola Karabatic, sont soupçonnés d'avoir parié sur le score à la mi-temps.

Sur les sept joueurs mis en examen pour escroquerie, trois se trouvaient sur le parquet jeudi soir: Karabatic, Issam Tej et Dragan Gajic. Deux autres, Samuel Honrubia et Mladen Bojinovic, jouent désormais au Paris SG.

Les deux derniers, Luka Karabatic et Primoz Prost, qui ont avoué avoir parié, ont quitté Montpellier respectivement pour Aix-en-Provence et la Slovénie.

Le match intervenait d'ailleurs après l'audition, lundi et mardi dans les locaux de la PJ de Rennes, des joueurs bretons ayant participé à la rencontre de mai.

Celle de jeudi soir commençait plutôt mal pour les Montpelliérains. Malgré le rythme endiablé de la banda et les encouragements de Roger le chauffeur de salle, ce sont les Bretons qui menaient contre toute attente, 11 à 7, à la 15e minute.

L'entraîneur Patrice Canayer demandait un temps mort et faisait entrer sa star Karabatic mais Cesson virait en tête (17-16) à la mi-temps.

"Depuis l'affaire, il y a moins de spectateurs. Et au niveau ambiance, pendant les matches, ce n'est plus la même chose", estimait encore M. Crach, qui aurait été "beaucoup plus sévère avec les joueurs qui ont avoué avoir parié. Sauf avec Prost qui a démissionné".

Pour un autre spectateur, Lucien Kohl, ancien arbitre fédéral de handball, "ce soir, il n'y avait rien de particulier, c'est un match de hand, point final".

"S'ils ont perdu à Cesson en mai, il n'y avait rien de suspect, ils ont seulement joué petit bras", a ajouté ce passionné de 70 ans pour qui "quoi qu'il arrive, Nikola Karabatic, c'est un Monsieur".

Longue à se dessiner, la victoire (35-30), elle aussi presque ordinaire, des Montpelliérains leur permet de recoller à la 2e place du championnat. Le traumatisme de +l'affaire+ semble bien se dissiper.