Ligue des champions: une victoire multi-fonctions pour Marseille

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Grâce à sa victoire sans bavure mardi sur le terrain du Spartak Moscou (3-0) qui le qualifie pour les 8e de finale de la Ligue des champions, Marseille a franchi un cap historique dans le renouveau du club, tout en se ménageant une seconde partie de saison idéale.

Après la rencontre, l'ambiance était toutefois plus à la satisfaction du devoir accompli qu'à la fête et seule une petite tournée de champagne russe a circulé dans le long vol de retour, entamé à minuit dans le froid moscovite et achevé à 04H10 dans le mistral de Marignane, en retard d'01h30 sur le programme prévu.

Les joueurs, fatigués par ce périple nocturne, ont eu tout loisir au décrassage mercredi d'épiloguer sur l'identité de leur futur adversaire du mois de mars. Il s'agira forcément d'un grand nom du secteur...

Car l'OM a enfin gagné le droit de retrouver le plus haut niveau, qu'il n'avait plus fréquenté depuis 1999-2000, dans un système de poules rassemblant le Top 16. Dans l'histoire du club, ce succès en Russie comptera donc. Et peu importe la qualité du Spartak, au prestige relatif et pénalisé par plusieurs absences.

Cette qualification valide l'idée d'une progression linéaire du club, brillamment concrétisée au printemps par les deux premiers trophées acquis depuis 1993 (championnat et coupe de la Ligue), mais initiée au fond depuis la fin de saison 2006-2007 qui augura une présence ininterrompue en C1.

"Depuis le temps que nous attendions de franchir ce cap... C'est une étape importante dans la construction du club, mais pas un aboutissement", résumait le directeur sportif José Anigo, mémoire de l'OM.

L'image du club, et donc son attractivité pour les futurs recrutements, s'en trouve changée.

L'impact est aussi évidemment économique. Ce passage générera six millions d'euros de recettes (droits télévisuels, billetterie et contrats de parrainage). Mais une fois déduits les bonus dus sur certains transferts (Lucho, Gignac) en cas d'accession aux 8e de finale, il ne restera que trois millions. Un apport néanmoins bienvenu sur l'exercice 2010-2011, qui devra amortir les acquisitions du mercato d'été (40 M EUR environ), et au terme duquel débuteront les travaux de la rénovation du stade Vélodrome, réduisant les recettes de la billetterie.

Ce succès écarte aussi tout risque d'embrasement des relations internes dans un club où l'entraîneur Didier Deschamps et le directeur sportif ne partagent pas forcément la même philosophie, notamment sur le recrutement. Et où l'actionnaire, Margarita Louis-Dreyfus, et son représentant, Vincent Labrune, veillent au grain et n'ont guère apprécié d'avoir dû mettre profondément la main à la poche au mercato estival (8 M EUR). A cette aune-là, comme "MLD" l'a répété avant le match, une élimination aurait été un "échec".

Sujette à soubresauts, l'équipe a montré mardi l'un de ses meilleurs visages de la saison. Aussi bien défensivement qu'en attaque, dans un schéma en 4-2-3-1 où les milieux Cissé et Lucho évoluaient plus bas.

"Quand on joue comme cela, peu d'équipes peuvent nous battre", estime l'attaquant Mathieu Valbuena. La sérénité de l'ensemble a sauté aux yeux. Et les joueurs n'ont pas failli dans l'approche de ce rendez-vous, suivant en cela les consignes du défenseur et "taulier" Gabriel Heinze, qui a motivé les troupes avant le match, dans un vestiaire apparemment très solidaire. Deschamps ne s'en plaindra pas...