Natation: Camille Lacourt, de Budapest à Budapest

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Budapest (AFP)

Camille Lacourt a pris son dernier départ en finale du 50 m dos, aux Championnats du monde de natation, dimanche à Budapest, là même où il s'était révélé il y a sept ans. Retour sur sa carrière en six dates clés.

. 2010, la révélation

C'est au coeur de l'été 2010 que la France découvre ses yeux bleu piscine, sa crinière blonde et son sourire charmeur. A 25 ans, un an après sa toute première finale mondiale (5e du 50 m dos), le dossiste déboule sur le devant de la scène internationale en s'offrant trois titres de champion d'Europe à Budapest: 50 m dos, 100 m dos et relais 4x100 m 4 nages. Le premier assorti d'un record de France (24.07), le deuxième d'un record d'Europe (52.11) encore en vigueur. Une révélation, plutôt tardive, qui lui vaut d'être désigné nageur européen de l'année.

. 2011, la confirmation

Un an plus tard, Lacourt débarque à Shanghai avec la meilleure performance mondiale de la saison, mais pourtant moins souverain: happé par les sollicitations générées par sa soudaine notoriété, il est moins assidu à l'entraînement, arrive moins en forme et inquiet. Ça ne l'empêche pas d'être sacré champion du monde du 100 m dos, ex æquo avec Jérémy Stravius, en 52 sec 76. Un scénario incroyable qui fait d'eux les deux premiers champions du monde masculins de l'histoire de la natation française. Le Marseillais quitte la Chine également médaillé d'argent du 50 m dos.

. 2012, la désillusion

Pour ses premiers jeux Olympiques, à Londres, Lacourt endosse le costume de favori. Le 30 juillet, en finale, le tenant du titre mondial vire en tête à mi-course. Mais s'effondre sur le retour et échoue, pour onze centièmes (53.08), au pied d'un podium qui lui tendait les bras. "Il me manque dix mètres dans cette course, je coince. J'avais travaillé très dur. Il y a de la frustration. Il me tarde de tourner la page des jeux Olympiques", déclare alors Lacourt.

. 2014, l'inquiétude

La désillusion olympique digérée, et avec seulement quatre mois d'entraînement dans les bras et les jambes, Lacourt enrichit son palmarès de deux nouvelles médailles d'or mondiales à Barcelone en 2013: celles du 50 m dos, épreuve non olympique, et du 4x100 m 4 nages. Mais sa carrière connaît un coup d'arrêt l'année suivante. Une tumeur bénigne à la hanche gauche le fait souffrir et l'éloigne des bassins pendant six mois. Il tire un trait sur les Championnats d'Europe à Berlin et craint même pour la suite de sa carrière. Quand il replonge mi-novembre aux Championnats de France en petit bassin, soulagé par des infiltrations, il vit "un pur moment de joie".

. 2015, le réveil

A Kazan (Russie), sa médaille d'argent mondial sur 100 m dos, en 52 sec 48, à un souffle de l'Australien Mitch Larkin (52.40), est celle de la renaissance. Elle apaise la double déception connue sur la distance olympique depuis l'or mondial en 2011 (4e aux JO-2012, 5e aux Mondiaux-2013). Surtout, Lacourt, arrivé avec peu de repères, l'obtient en nageant à un niveau chronométrique qu'il n'a plus atteint depuis quatre ans. Son entraînement intensif finit par payer. "Ça fait du bien de nager si vite de nouveau", reconnaît-il. "C'est beaucoup d'émotions. L'année dernière, je n'étais même pas sûr de pouvoir réintégrer l'équipe de France." Lacourt couronne son retour au plus haut niveau avec l'or du 50 m dos.

. 2016, l'espoir déçu

Rio et le rêve d'une médaille olympique en tête, Lacourt récolte deux nouveaux titres de champion d'Europe à Londres, sur 50 m dos et 100 m dos. Prometteur à deux mois des JO-2016. Mais comme quatre ans plus tôt, c'est la déception qui l'emporte à Rio: à 31 ans, il termine cinquième de la finale. Ses derniers espoirs de médaille olympique s'envolent. Désireux de ne pas conclure sa carrière sur cette note amère, Lacourt fait le pari de replonger jusqu'aux Mondiaux-2017 à Budapest, là où tout a commencé. Bien lui en a pris.