Route du Rhum: ambiance "Désert des Tartares" à Pointe-à-Pitre

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Ambiance "Désert des Tartares" samedi à Pointe-à-Pitre, où les premiers monocoques de la Route du Rhum étaient attendus dans la soirée (heure locale), une brise évanescente et erratique continuant à jouer avec les nerfs des solitaires.

Les ETA (Estimated Time of Arrival/heure estimée d'arrivée) se succèdent, plus fantaisistes les unes que les autres... et régulièrement retardées. Consulter les cartes météo devient un exercice très déprimant.

Roland Jourdain (Veolia Environnement) devrait néanmoins être, samedi soir (heure locale), le premier skippeur de 60 pieds IMOCA (18,28 mètres) à franchir la ligne d'arrivée de ce Rhum 2010, plus de quatre jours après la victoire de Franck Cammas sur son maxi trimaran Groupama 3.

A 16 heures (heure de Paris), il n'était plus qu'à une soixantaine de milles (108 km) de Pointe-à-Pitre, dans le nord de la Guadeloupe. Il avançait alors à près de 10 noeuds (18 km/heure) et n'était donc plus qu'à six heures de la ligne. En théorie...

Il lui restait encore à s'engager dans le canal des Saintes et à plonger ensuite dans la grande baie de Pointe-à-Pitre, des zones où les quatre skippeurs des grands multicoques déjà arrivés en Guadeloupe sont parfois restés englués plusieurs heures.

Avec son suivant immédiat (Armel Le Cléac'h/Brit Air) à environ 80 milles derrière lui, Jourdain -alias "Bilou"- est donc bien parti pour remporter une deuxième Route du Rhum dans sa classe, après celle de 2006. Il avait alors mis 12 j h 58 min pour traverser l'Atlantique et n'améliorera pas ce temps puisque samedi était son 13e jour de mer.

Jourdain, 46 ans, n'en réalise pas moins une superbe performance aux commandes d'un bateau déjà ancien (2007) et loué pour les courses de cette année.

Un peu derrière les monocoques IMOCA, les Multi 50, des trimarans de 15,24 m, ne sont pas mieux lotis côté vents.

Lionel Lemonchois (Prince de Bretagne), le vainqueur toutes classes de 2006, continuait samedi de mener la danse devant Lalou Roucayrol (Région Aquitaine-Port Médoc) mais se plaignait lui aussi de l'absence de vents.

"C'est compliqué, ça tourne dans tous les sens, racontait-il dans une liaison radio. Il faut être patient".

Même son de cloche de la part de Roucayrol. "C'est super instable, expliquait-il. Je joue avec les nuages qui passent au-dessus de ma tête" pour essayer de trouver du vent. "C'est tellement merdique, ajoutait-il, que tout peut arriver. Ca commence à devenir pénible, nerveusement compliqué et inintéressant".

Du vent, le skippeur franco-américain Etienne Giroire a dû en avoir et même un peu trop lorsque son trimaran s'est retourné comme une crêpe samedi matin à 1.500 milles (2700 km) de la Guadeloupe et à 900 milles (1620 km) des Açores.

Le chavirage du trimaran ATNinc.com a eu lieu à 09h00 samedi, heure de Paris, a précisé la direction de course, soulignant que le skippeur allait bien.

Giroire, 56 ans, a expliqué avoir gonflé son canot de survie et se trouver à côté de son bateau renversé dans de bonnes conditions météo: 10-15 noeuds de vent et mer calme.

Les secours pour le récupérer s'organisent en collaboration avec les autorités portugaises (MRCC/Maritime Rescue Coordination Center) et "un cargo devrait être dérouté dans les heures qui viennent".

Les raisons du chavirage du petit (12,18 mètres) trimaran n'ont pas été précisées. Après cette dernière fortune de mer, il ne restait plus que 69 bateaux encore en course samedi, sur un total de 85 ayant pris le départ le 31 octobre à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).