Transfert: Casillas, au bord des larmes, dit adieu au Real Madrid

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Madrid (AFP)

Iker Casillas, l'emblématique gardien de l'équipe d'Espagne poussé au départ par le Real Madrid au bout de 25 ans, a fait dimanche des adieux médiatiques mais solitaires à son club de toujours avant de rejoindre le FC Porto.

Au bord des larmes, mais politiquement correct devant micros et caméras, il n'a eu qu'éloges et remerciements pour le Real, dont aucun dirigeant n'était présent à ses côtés.

"J'avais 9 ans quand j'ai revêtu le maillot blanc, et alors j'ai réalisé un rêve", a rappelé celui qui s'en va à 34 ans, ému au point d'avoir mis plus d'une minute à commencer à lire sa déclaration, après avoir gagné 19 titres avec le Real, dont trois Ligues des champions et cinq championnats d'Espagne.

Le Real, qui a annoncé son départ samedi dans un communiqué laconique, n'a précisé ni le montant du transfert ni la durée du contrat. Selon les médias espagnols, Casillas est parti pour un contrat de deux saisons, avec une troisième en option, et pour un salaire brut de 10 millions d'euros pour la durée du contrat.

Selon les médias, le Real Madrid essaie de recruter le jeune gardien de Manchester United, David de Gea, 24 ans, 1,92 m, pour rajeunir le club.

S'il l'avait pu, Casillas serait sans doute resté au Real, où il avait répété ces derniers mois son désir de finir sa carrière. Et où il disposait d'un contrat en or s'achevant en 2017.

Il avait pourtant été relégué sur le banc lors de la saison 2012-2013, en conflit avec l'entraîneur d'alors, José Mourinho, et accusé d'être une "taupe" divulguant à la presse les secrets du vestiaire.

Placé en concurrence avec la recrue Diego Lopez (parti depuis à l'AC Milan), conspué par une partie du stade Santiago-Bernabeu, coupable de bourdes inhabituelles, il a vécu une descente aux enfers qui a culminé au Mondial-2014 au Brésil: fiasco contre les Pays-Bas (5-1) et élimination au premier tour. Mais il avait su revenir, jouant 32 matches de championnat d'Espagne la saison dernière et s'illustrant en Ligue des champions.

- Il n'a pas 'balancé' -

Dimanche, Casillas n'a "balancé" à aucun moment contre les dirigeants madrilènes qui ne voulaient plus de lui. Au contraire.

"Après 25 ans passés à défendre le blason du plus grand club du monde, arrive un jour difficile, celui-ci, le jour de dire adieu à une institution qui à l'évidence m'a tout donné", a-t-il déclaré, en refoulant difficilement ses larmes.

Le Real Madrid "m'a formé comme personne, m'a aidé à grandir, m'inculquant les valeurs qu'il défend: le respect, la camaraderie, l'engagement, et surtout l'humilité. Je ne pourrai jamais vous oublier, et soyez sûrs que partout où j'irai je continuerai à crier +Hala Madrid!+", a-t-il conclu à propos de son ancien club, seul devant micros et caméras.

Il lui fallait quand même expliquer son départ. A l'entendre dimanche, c'est parce qu'il a été gagné par "l'envie" manifestée par le club portugais.

"La décision de m'en aller au Porto est due à deux motifs fondamentaux, a-t-il expliqué. Le premier, l'envie témoignée par le président, (Jorge Nuno Pinto da Costa), le directeur sportif Antero (Henrique) et l'entraîneur Julen Lopetegui, et surtout tout le reste de l'équipe".

"Le second, les marques d'affection reçues au fur et à mesure que les gens apprenaient que mon avenir était au Portugal. Ils m'ont rallié, et j'en ai été très heureux, très satisfait", a-t-il ajouté.

"Je ferai tout mon possible pour ne pas les décevoir, et je lutterai au maximum pour gagner le plus grand nombre de titres possible dans ma nouvelle équipe", a-t-il enfin lancé.