Vendée Globe: François Gabart attendu en héros aux Sables-d'Olonne

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Le Français François Gabart (Macif), en tête du Vendée Globe depuis le 31 décembre, était attendu en héros vendredi aux Sables-d'Olonne (ouest), où il devrait arriver dimanche matin, selon la direction de course.

Gabart devrait franchir la ligne d'arrivée, située à un mille environ de l'entrée du port, entre 05h00 et 10h00 heure française, a indiqué le directeur de course Denis Horeau. "Dimanche, à cause de la marée, on ne pourra rentrer dans le port qu'entre 01h35 et 07h15 le matin et de 14h00 à 19h35 l'après-midi", a-t-il précisé.

Armel Le Cléac'h (Banque Populaire) devrait prendre entre 3 et 6 heures plus tard la 2e place de cette régate planétaire de quelque 24.000 milles (44.450 km), commencée le 10 novembre dernier. Des conditions musclées -de la mer et du vent- sont prévues pour le week-end dans le golfe de Gascogne.

Les deux frères ennemis, à la barre de voiliers dessinés par les mêmes architectes (VPLP-Verdier), ont été devancés aux Sables par... un rorqual de 18 mètres, sensiblement de la même taille qu'un monocoque Imoca (18,28 m) du Vendée Globe.

Le cétacé s'est échoué sur la plage de sable, attirant des centaines de badauds avant d'être dépecé dans le courant de l'après-midi.

A 16h00 heure française, Gabart devançait Le Cléac'h de 123,4 milles à seulement 721,6 milles de l'arrivée. Sauf accident de dernière minute, le benjamin de la course (29 ans) avait course gagnée, pour sa première participation à l'Everest des mers.

"Je suis concentré à 100% sur la course", car "il reste du chemin", a-t-il toutefois prudemment déclaré lors d'une vacation radio, la voix toujours aussi enjouée.

"Ca va être compliqué", a pour sa part reconnu Le Cléac'h peu de temps après. "A moins d'un problème sur le bateau de François, ça va être difficile de revenir sur lui maintenant."

"On va être prudent dans le coup de vent de demain (samedi), il ne faut pas tout gâcher avant d'arriver aux Sables. Je commence à penser à l'arrivée mais, pour l'instant, j'ai encore la tête aux réglages."

Evoquant les conditions musclées annoncées à l'approche du cap Finisterre (nord-ouest de l'Espagne), le skipper de Banque Populaire a indiqué qu'il allait "réduire la toile en conséquence". "On va essayer d'être prudent, de rester en avant du front le plus longtemps possible."

Le "chacal", son surnom, a également souligné que la plus grande vigilance s'imposait désormais dans des eaux très fréquentées. "Il y a +du monde dans le bourg+, comme on dit", a-t-il dit, mentionnant les navires de commerce et les bateaux de pêche.

Derrière Gabart et Le Cléac'h, lancés dans la lutte finale, le Britannique Alex Thomson (Hugo Boss), 4e, n'était plus qu'à une quinzaine de milles de Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3), 3e, dont le bateau a perdu sa quille dans la nuit de lundi à mardi.

Dick devrait annoncer dimanche s'il abandonne la course ou poursuit sa route à petite vitesse vers Les Sables, les ballasts de son monocoque remplis d'eau de mer pour assurer une stabilité toute relative. La météo décidera.

Thomson est attendu aux Sables "dans la journée de lundi", selon Horeau.

Tous vont devoir en tous cas au cours des prochains jours faire face à un autre défi, celui d'affronter les contraintes de la vie à terre et les multiples et inévitables sollicitations médiatiques.

"Il y a une partie d'impatience de remettre les pieds sur terre et puis il y a le contraire, de se dire +qu'est-ce qu'on est bien là, qu'est-ce que ça va être terrible, insupportable, invivable, ingérable de revenir dans cette foule en délire+", a résumé pour l'AFP Michel Desjoyeaux, vainqueur des Vendée Globe 2000-2001 et 2008-2009. "Les deux arguments se contredisent forcément."