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Vive tension en Corse avant une grande manifestation en soutien aux supporters du SC Bastia

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Ajaccio (AFP)

La tension était vive vendredi en Corse, à la veille d'une manifestation à hauts risques de soutien à un supporter du SC Bastia grièvement blessé dans des heurts avec la police à Reims, des faits pour lesquels sept autres supporters ont porté plainte vendredi pour violences aggravées.

Me Jean-André Albertini, qui est aussi l'avocat du SCB, s'était rendu à Reims dès le lendemain des faits, le 14 février, pour s'entretenir avec ses clients. Il a annoncé vendredi avoir porté plainte contre X en leur nom auprès du procureur de la République de Reims.

Ce dépôt de plainte ne concerne pas Maxime Beux, un supporter de 22 ans grièvement blessé dans ces incidents, dans des circonstances encore floues qui ont motivé l'ouverture d'une information judiciaire et la saisine de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

À l'issue d'une semaine marquée par plusieurs violentes altercations entre manifestants et forces de l'ordre -à Bastia et Corte- à cause des heurts survenus à Reims, les entrées de l'université de Corse Pascal-Paoli de Corte ont par ailleurs été de nouveau barricadées vendredi par les trois syndicats étudiants nationalistes pour dénoncer la condamnation jeudi à 10 mois de prison, dont 5 ferme, d'un manifestant interpellé après les heurts de mardi à Corte.

Ce regain de tension est survenu à la veille d'une manifestation à hauts risques organisée à Bastia en soutien au jeune homme blessé à Reims et aux supporters bastiais interpellés lors des incidents du 13 février.

Au cours des heurts survenus après le match de L1 Reims-Bastia, M. Beux a perdu un œil. Il assure avoir été blessé par un tir de Flash-Ball des forces de l'ordre et son avocate, Me Cynthia Costa-Sigrist, a même évoqué, sur la foi de ses déclarations, "un guet-apens tendu par les policiers". Selon le parquet de Reims, il se serait blessé en tombant à terre.

- Supporters nantais, italiens et serbes -

Trois jours de blocage de l'université avaient déjà été organisés pour les mêmes raisons, avant que les facultés ne rouvrent leurs portes jeudi. "Nous avons eu la bavure policière samedi et la bavure judiciaire ne s'est pas fait attendre", ont dénoncé dans un communiqué les syndicats étudiants, évoquant une "répression acharnée" et "une justice clairement partiale".

Les appels à l'apaisement du président de l'université, Paul-Marie Romani, et ceux des présidents nationalistes de l'exécutif et de l'assemblée de la Collectivité territoriale de Corse, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, avaient été suivis d'une accalmie mais semblent, depuis, peu suivis d'effets. Avant même la condamnation de M. Di Caro, des incidents avaient eu lieu jeudi autour de deux lycées de Bastia, qui ont été fermés par le rectorat.

Le climat reste très tendu à la veille de la grande manifestation organisée samedi à Bastia par la principale association de supporters du Sporting Club de la ville, Bastia 1905, et soutenue par les dirigeants du club.

Des appels à manifester "dans le calme et la dignité" ont été lancés par Bastia 1905, qui réclame notamment la clarté dans l'enquête sur les blessures infligées à M. Beux, la levée des poursuites visant les supporters qui doivent comparaître le 22 mars à Reims et la démission du ministre de l'Intérieur et du procureur de Reims.

Bastia 1905 a par ailleurs a annoncé sur son site la présence de supporters nantais, italiens et serbes samedi lors de la manifestation.

Des débordements d'éléments incontrôlés sont à craindre et la mairie de Bastia a d'ailleurs indiqué après une réunion avec des représentants de la Ligue de football professionnel, qu'elle ne participerait pas à la manifestation de samedi par crainte d'incidents.

À la différence des grandes manifestations nationalistes des années 1980-90, strictement encadrées par des organisations politico-militaires, des groupes de jeunes gens très mobiles et déterminés affrontent désormais les forces de l'ordre dans de véritables scènes de guérilla urbaine en fin de défilé.

Plusieurs centaines de CRS et gendarmes mobiles seront déployés, a-t-on appris auprès des autorités, et le dispositif de sécurité sera renforcé par des policiers venus de Marseille et Nice, notamment des fonctionnaires du renseignement territorial et des brigades anticriminalité.

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