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Musique / Festival de Montpellier

Katia et Marielle Labèque: quatre mains dans la même direction

Katia et Marielle Labèque au Festival de Radio France et Montpellier
Katia et Marielle Labèque au Festival de Radio France et Montpellier Marc Ginot
Texte par : Carmen Lunsmann
6 mn

« Le Festival de Radio France et Montpellier » a ouvert ses portes avec une programmation d’œuvres musicales les plus diverses. Musiques du monde, soirées symphoniques, récitals, reggae et jazz, on y trouve de tout du 12 au 30 juillet. Au piano, le directeur du festival, René Koering, a programmé pour cette édition 2010 les deux sœurs Katia et Marielle Labèque. Nées sur la côte basque en France, elles ont reçu une Victoire d´honneur aux Victoires de la musique classique 2009et présentent à Montpellier une première en France : « Paisajes sonoros de España, concerto pour 2 pianos et orchestre », de Joan Albert Amargós. Entretien à deux.

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RFI : En vous voyant attaquer, caresser les touches du piano, on sent vraiment deux personnalités, deux tempéraments, deux sensibilités. Pour vous, est-ce plutôt un plus ou un moins d’être sœurs de partager le même instrument, de partager la même salle de concert aussi ?

Marielle Labèque : Je pense que le plus, c'est une chance d’avoir eu les mêmes parents, la même éducation. Ce sont des bases très importantes.

RFI : En général, c’est vous Katia qui prenez la partie haute du piano et vous Marielle, la partie basse ? Est-ce que cela vous arrive parfois de changer de rôle et du coup de caractère ?

Katia Labèque : Non, pas vraiment, une fois qu’on a travaillé une partie, mais ce n’est pas seulement la partie haute, la partie basse. C’est plutôt si l’on parle d’un quatre mains, par exemple, lorsqu’on joue à deux pianos, tout est réparti de la même façon.

La perfection, elle n’est pas de ce monde…

Katia et Marielle Labèque, sœurs et pianistes

RFI : Quand vous jouez à quatre mains sur le même piano, le faites-vous en fonction de votre caractère ?

M. L. : Oui, quand on joue à quatre mains. C’est vrai que je préfère jouer les parties de basse. Je me sens toujours mieux, ma voix est plus grave, ma main aussi. Je pense que cela nous convient mieux que Katia soit aux aigües et moi aux basses. On se sent mieux, je préfère cela.

RFI : Pour cette vingt-cinquième édition, vous présentez un programme aux couleurs espagnoles avec des œuvres du XXe siècle et une création un peu flamenco ?

K. L. Oui, Joan Albert Amargós est un des grands compositeurs espagnols d’aujourd’hui et, comme beaucoup de grands compositeurs espagnols, sa musique est très influencée par le flamenco. C’était le cas aussi d’Enrique Granados, Manuel de Falla, d’Isaac Albéniz. Ils ont tous puisé beaucoup dans ce répertoire de musique populaire. Ce ne sont pas les seuls, on sait que même Schubert s'est inspiré de choses populaires. Stravinsky, Mozart... tous les grands compositeurs se sont toujours inspirés des racines populaires de la musique. Je trouve que c’est une très belle chose. On attendait ça, on attendait de Joan Albert Amargós un concerto où il mêlait justement sa culture espagnole et sa culture flamenco à sa culture classique. Et évidemment, il est allé encore un petit peu plus loin que l’ont fait ses grands prédécesseurs parce qu’il est lui-même musicien. C'est un pianiste formidable, il joue aussi de la clarinette, il est percussionniste... Enfin, il connaît tous les instruments. Et on a amené là, pour cette première française, deux percussionnistes flamenco espagnols qui ont travaillé beaucoup avec Joan Albert.

RFI : Paysage sonore d’Espagne, c’est le titre de ce morceau. C’est vraiment de la pure joie de vivre. C’est de l’énergie et on la sent, quand vous êtes au piano, on vous sent sourire. C’est vraiment presque un air de jazz parfois qui se dégage de cela ?

M. L. : Absolument. Beaucoup de rythmes, surtout les bulerias, qui sont extrêmement difficiles, et là on va avoir encore deux heures ou trois heures de répétition. C’est difficile (rires). Mais c’est très beau. C’est un très beau thème et c’est bien écrit.

RFI : Et ce côté hispanique, c’est aussi un hommage à vos origines basques ?

K. L. : On a toujours été très dans la culture espagnole, c’est vrai. Quant à nos origines basques... En fait, maman était Italienne, mon père était Landais, un petit peu plus au-dessus. On est nées sur la côte basque. Maman était professeur de piano et souvent ses élèves travaillaient la musique espagnole de Granados, de Falla. C’était toujours Albéniz, c’était toujours les grands compositeurs qu’on écoutait. Mais on a commencé beaucoup avec eux et avec la musique française évidemment. Maman était élève de Marguerite Long et on a été vraiment élevées dans cette tradition de Gabriel Fauré, Debussy et Ravel. C’était vraiment les compositeurs qu’on jouait beaucoup à la maison.

Katia et Marielle Labèque avec l'Orchestre national de France
Katia et Marielle Labèque avec l'Orchestre national de France Marc Ginot

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