Cinéma / 64e Festival de Cannes / Abécédaire

R comme Révolutions

«Plus jamais peur», consacré à la révolution tunisienne, du réalisateur Mourad Ben Cheikh.
«Plus jamais peur», consacré à la révolution tunisienne, du réalisateur Mourad Ben Cheikh. Festival de Cannes 2011

Publicité

Les révolutions du printemps arabe passent aussi par le Festival de Cannes (11-22 mai), mais toutefois en mode douce et avec une programmation tardivement annoncée. Aucun film éligible à la Palme d’or, mais une présence appuyée en sélection officielle.

Plus jamais peur, consacré à la révolution tunisienne, du réalisateur Mourad Ben Cheikh, donne le « la ». C’est le premier film documentaire jamais présenté en sélection officielle dans l’histoire du plus grand festival du cinéma. Il sera présenté, le 20 mai, en séance spéciale. Un grand honneur pour ce réalisateur qui vit et travaille entre la Tunisie et l’Italie. Mourad Ben Cheikh, né en 1964 à Tunis, a fait des études à Tunis et à Bologne, en Italie. Après il a fait aussi bien des reportages sportifs, des spots publicitaires et des courts métrages. Il s’est fait remarquer comme réalisateur documentaire avec Mare Nostrum (2007), ensuite il a réalisé en 2008 deux documentaires sur l’islam en Afrique noire, à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso et à Djenné au Mali.  

18 jours

Autre point fort de la programmation « printemps arabe » : 18 jours*, un film collectif composé de dix courts métrages dédiés à la révolution égyptienne qui avait chassé le président Moubarak le 10 février, après 18 jours de manifestations. Une œuvré cinématographique engagée, réalisée bénévolement par dix cinéastes (dont le maître incontesté Yousry Nasrallah) pour capter l’esprit et la puissance de la révolution éclair en Egypte. Il y aura « dix histoires vécues, entendues ou imaginées » et « les recettes seront consacrées à l’organisation de convois d’éducation politique et civique dans les villages égyptiens », ont fait savoir les organisateurs.

Hommage au cinéma égyptien

Le film inaugurera le 18 mai la journée d’hommage au cinéma égyptien. Un hommage qui sera désormais rendu chaque année à une cinématographie étrangère. « Cette journée, sur laquelle planera le souvenir du regretté Youssef Chahine, mort en 2008, permettra de mettre l’accent sur les forces vives du cinéma égyptien, a déclaré Thierry Frémaux, le délégué général du Festival. Le choix de l’Egypte n’est pas seulement motivé par les événements récents dans toute la région : il s’agit d’abord de rendre hommage à un grand pays de cinéma », a-t-il précisé.

Deux long métrages égyptiens seront également présentés : Le Cri d’une fourmi  (2011), de Sameh Abdel Aziz et une copie neuve du  Facteur (1968) d’Hussein Kamal (1968) dans la sélection Cannes Classics.
 

«18 jours», film collectif composé de dix courts métrages, dédiés à la révolution égyptienne.
«18 jours», film collectif composé de dix courts métrages, dédiés à la révolution égyptienne. Festival de Cannes 2011

Tahar Chériaa

Dans le cadre du pavillon « Cinémas du Monde », dont RFI est partenaire, aura lieu, le 13 mai, un hommage au père du cinéma tunisien, Tahar Chériaa (1927-2010). Mohamed Chellouf, l’un des héritiers spirituel de Chériaa, lui consacre son nouveau long métrage documentaire Tahar Chériaa notre Baobab. Pendant toute sa vie, Chériaa, le père fondateur des Journées cinématographiques de Carthage (JCC). Chellouf avait toujours milité en faveur de la liberté cinématographique. Il a été l’un des promoteurs du cinéma panafricain indépendant. Il avait notamment contribué à la création du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) en 1971. Tahar Chériaa recevra à Cannes à titre posthume la médaille Senghore de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).

En attendant, les nouveaux talents se font entendre. A la fabrique des cinémas du monde, le jeune réalisateur tunisien Walid Tayaa présente son premier long métrage Fataria, le sommet arabe. Cette comédie politique raconte l’histoire de quatre personnages pendant 24 heures lors du sommet arabe à Tunis. Tayaa est né à Tunis en 1976 et a suivi une formation continue de la Femis où il a aussi élaboré le scénario de Fataria.

 
*18 jours, dix courts métrages de Sherif Arafa, Yousry Nasrallah, Mariam Abou Ouf, Marwan Hamed, Mohamed Aly, Kamla Abou Zikri, Sherif El Bendari, Khaled Marei, Ahmad Abdallah et Ahmad Alaa.
 

 

Abécédaire de Cannes 2011
Notre dossier spécial

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail