Cinéma

Happy birthday, Mister Bond!

Profitant des 50 ans du célèbre agent secret britannique, la prestigieuse maison de vente Christie's à Londres met en vente des posters anciens des films avec Sean Connery.
Profitant des 50 ans du célèbre agent secret britannique, la prestigieuse maison de vente Christie's à Londres met en vente des posters anciens des films avec Sean Connery. REUTERS/Stefan Wermuth

Le monde entier célèbre ce vendredi 5 octobre les 50 ans de James Bond. Parmi les événements prévus dans le cadre de cette « journée mondiale James Bond », une vente aux enchères à Londres, une enquête pour déterminer le film de James Bond préféré dans chaque pays ou encore une installation au musée d'art moderne de New York.

Publicité

La genèse de l'agent secret

Le célèbre agent secret britannique est né sous la plume de Ian Fleming dans les années 1950. Mais c'est le 5 octobre 1962 qu'est projeté à Londres la première adaptation cinématographique de ses romans d'espionnage.

C'est sous les traits de Sean Connery que l'agent 007 apparaît pour la première fois sur grand écran dans James Bond contre Dr. No. Attablé au casino pour jouer au baccara, et alors qu’il allume une cigarette, l’agent secret se présente avec la formule devenue mythique : « Appelez-moi Bond… James Bond ».

Toute la mythologie de James Bond est déjà là : la classe, la virilité, les gadgets technologiques, le goût pour les voitures de sport et les jolies femmes. La première « James Bond girl » est d’ailleurs jouée par Ursula Andress, que l'on voit sortir de l'eau telle la Vénus de Boticelli, en bikini blanc, un poignard à la ceinture.

L’auteur des romans, Ian Fleming, ne voulait pourtant pas de l’acteur écossais. Il aurait préféré Cary Grant, James Mason ou David Niven pour le rôle. Et pourtant, contre toute attente, cette première adaptation cinématographique est un triomphe, rapportant soixante fois sa mise. Mais c’est surtout avec Goldfinger, en 1964, que naît la « bondmania ».

En 50 ans, six acteurs différents ont campé le célébrissime agent secret dans 22 films : Sean Connery, David Niven, George Lazenby, Roger Moore, Thimothy Dalton, Pierce Brosnan et maintenant Daniel Craig.

Mais seuls deux comédiens ont vraiment marqué les esprits avec ce rôle, totalisant chacun 7 aventures : Sean Connery, dans un registre plus macho et Roger Moore, le séducteur qui apporte au rôle humour et distance nonchalante.

Don Juan ou gentleman lover ?

Quelques affiches promotionelles pour le film « Opération Tonnerre », sorti en 1965, en vente à Christie's.
Quelques affiches promotionelles pour le film « Opération Tonnerre », sorti en 1965, en vente à Christie's. REUTERS/Stefan Wermuth

« Le cœur de l’univers de Bond est immuable : il est obsédé par le sexe et la violence, hyper-masculin, nationaliste de façon simpliste, et accro à une consommation ostentatoire », explique à l’AFP Christoph Lindner, qui a dirigé l’ouvrage collectif The James Bond Phenomenon : A Critical Reader (« Le phénomène James Bond : une lecture critique »).

Pourtant, au fil des années et en fonction des interprètes, le rapport de James Bond aux femmes évolue de la misogynie pure à l’équité.

Le James Bond version Sean Connery utilise les femmes comme des objets sexuels, les abandonnant dès l’amour consommé et peut aussi mettre en danger celles qui succombent à ses charmes (c’est le cas de Jill, morte étouffée, la peau recouverte d’or dans Goldfinger). Un libertin incapable de se fixer et qui ne trouve le plaisir que dans la diversité.

Roger Moore apparaît moins sexiste, mais c’est surtout dans les versions récentes que l’agent 007 s’adoucit dans son rapport avec les femmes. Depuis 1995, son supérieur hierarchique, M, est joué par une femme (Judi Dench), qu’il respecte, figure maternelle importante.

Le James Bond campé par Daniel Craig, en revenant aux sources de la fiction Casino Royale explique aussi le donjuanisme de l’agent secret par son histoire d’amour tragique avec Vesper Lynd. 007 gagne le permis de tuer, mais a le cœur brisé par la révélation de la trahison de la femme aimée et sa mort.

De la guerre froide à un monde multipolaire

Si ses rapports aux femmes ont évolué en cinquante ans, le monde dans lequel James Bond intervient également.

L’agent britannique naît en pleine guerre froide, dans un monde bipolaire. Pourtant l’ennemi n’est pourtant pas l’Union soviétique, mais un groupe terroriste appelé le Spectre, qui a les infrastructures et les moyens d’un Etat.

Les auteurs des films évitent donc de mécontenter tel ou tel pays ou groupe de pays. James Bond ne fut jamais un anti-soviétique primaire, de même que dans les films récents, post 11 septembre (Casino Royale en 2006, Quantum Of Solace en 2008), l’agent ne fait pas preuve d’anti-islamisme.

Mais il reste un agent secret occidental, farouchement britannique, contribuant ainsi à donner une image flatteuse de son pays. N’a-t-il d’ailleurs pas eu les honneurs de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques à Londres, où l’on voyait le Bond joué par Daniel Craig sauter en parachute au-dessus du stade olympique ?

La musique, partie intégrante du mythe

Le changement dans la continuité. C'est tout l'enjeu de cette licence cinématographique. Que serait un James Bond sans sa séquence inaugurale, celle où l’on voit souvent la silhouette du héros en ombre chinoise à travers une lorgnette avant qu’il ne se retourne pour braquer son pistolet vers l’objectif?

Le compositeur, John Barry, signe le premier générique de James Bond contre Dr. No, le James Bond theme, une version instrumentale qui apparaît dans quasiment tous les films.

John Barry a composé onze bande originales des films de la franchise. En outre, la franchise est connue pour ses musiques thématiques, et les chansons interprétées par les chanteurs connus de l’époque.

La chanteuse Shirley Bassey est la chanteuse qui a enregistré le plus de thème de James Bond : elle a interprété les thèmes de Goldfinger, Les Diamants sont éternels, et Moonraker.

Le titre du dernier épisode, Skyfall (le film sort le 23 octobre en Grande-Bretagne, trois jours avant la France) a été dévoilé publiquement ce vendredi, à 0h07 locale. Il est interprété par la diva britannique Adele et s'est placé directement en tête des ventes sur iTunes, la boutique en ligne d'Apple.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail