Cité du Vatican / Patrimoine

La Chapelle Sixtine fête ses 500 ans

Capture d'écran du site du Vatican qui montre la Chapelle Sixtine en version 3D : http://www.vatican.va/various/cappelle/sistina_vr/index.html
Capture d'écran du site du Vatican qui montre la Chapelle Sixtine en version 3D : http://www.vatican.va/various/cappelle/sistina_vr/index.html Vatican.va

Cinq cents ans après l'inauguration de la Voûte de la Chapelle Sixtine, Benoît XVI a exalté ce 31 octobre un chef d'œuvre où Michel-Ange a exprimé « la puissance » et « l'intelligence » de la création, et qui est victime de son fabuleux succès touristique.

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Benoît XVI présidait des Vêpres la veille de la Toussaint sous cette voûte imposante, à la fois sensuelle et mystique... En souvenir de ce 31 octobre 1512 où son lointain prédécesseur, Jules II, inaugurait la fresque représentant des scènes de la Genèse, peint par Michelangelo Buonarotti (1475-1564): « Avec une intensité expressive unique, le grand artiste représente le Dieu créateur, son action, sa puissance pour dire avec évidence que le monde n'est pas produit de l'obscurité, du hasard, de l'absurde, mais provient d'une Intelligence, d'une Liberté, d'un suprême acte d'Amour », a déclaré Joseph Ratzinger.

« Dans la rencontre entre le doigt de Dieu et celui de l'homme (...), Dieu entre dans une relation nouvelle avec sa création », a-t-il ajouté. La Chapelle Sixtine est à la fois un lieu visité par 5 millions de touristes par an (10 000 par jour ordinaire et jusqu'à 30 000 aux jours d'affluence), et celui où les cardinaux élisent à huis clos les papes lors des conclaves.

Dans le quotidien du Vatican, l'Osservatore Romano, le directeur des Musées du Vatican, Antonio Paolucci, a résumé la fascination qu'elle exerce sur des millions de croyants et de non-croyants: « elle est l'attraction fatale, l'objet du désir, l'objectif auquel le public international qui fréquente les musées ne peut pas renoncer ».

Face à l'afflux de touristes, un système de climatisation avait été installé après la restauration du Jugement Dernier dans les années 90. Mais il ne suffit plus. En décembre dernier, Antonio Paolucci avait déjà révélé que la Chapelle était déjà depuis l'été 2011 sous étroite surveillance scientifique, grâce à la présence discrète de 36 détecteurs dans des tubes noirs suspendus, et 14 autres fixés à différents endroits.

Dans l'Osservatore Romano et à l'agence I.Media, le directeur des Musées a averti que des mesures drastiques pour réduire l'affluence devraient être prises si un nouveau système d'aération n'était pas installé d'ici l'année prochaine, précisant toutefois que le risque « n'était pas à court terme ».

La transpiration des touristes

Le prolongement des horaires jusqu'à 18H, des nocturnes hebdomadaires ont en effet encore augmenté l'affluence. Pour éviter, a-t-il expliqué, d'avoir à imposer des restrictions d'accès, les autorités vaticanes ont chargé une entreprise spécialisée de travailler sur un système de nettoyage de l'air.

Les poussières, la pression anthropique, l'anhydride carbonique, la transpiration, les variations de températures sont autant d'éléments nocifs apportés par les touristes. Ils sont aussi peu agréables pour ces derniers qui doivent souvent défiler, en se tordant le cou et sans s'arrêter, poussés par un flot continu.

La quantité élevée de particules sur les murs est susceptible de provoquer des réactions chimiques indésirables, non seulement pour la Genèse et le Jugement dernier, mais aussi pour les magnifiques fresques d'autres grands maîtres de la Renaissance, le Pérugin, Ghirlandaio, ou encore Botticelli.

Cinq millions de visiteurs ont apporté en 2011 dans les caisses de l'administration du plus petit Etat du monde 91,3 millions d'euros, permettant que ses finances enregistrent un « plus » de 21 millions d'euros.

Quand, le 31 octobre 1512, la voûte a été inaugurée par Jules II della Rovere, lors de Vêpres solennelles, l'art de la Renaissance était renouvelé. L'artiste avait imposé ses vues à un pontife obsédé par le pouvoir temporel, surnommé parfois « Jules César II », et qu'il n'appréciait guère.

Le pape avait voulu qu'une partie de la voûte soit couverte de figures géométriques avant de laisser à Michel-Ange sa liberté. De cette liberté de création, sont issus les célèbres « ignudi » (« nus ») que des papes plus tard chercheront à cacher, et divers messages interreligieux et philosophiques que les historiens de l'art ne cessent encore aujourd'hui de déchiffrer.

 

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