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Enseignement / Internet

Etudier à Harvard gratuitement depuis chez soi, c’est possible

Depuis quelques mois, on peut suivre depuis chez soi des enseignements proposés gratuitement par de prestigieuses universités du monde entier.
Depuis quelques mois, on peut suivre depuis chez soi des enseignements proposés gratuitement par de prestigieuses universités du monde entier. Getty Images/Flickr/DircinhaSW

Harvard, Princeton, Berkeley, l’université de Londres… Depuis plusieurs mois, certaines des meilleures universités au monde proposent de suivre en ligne et gratuitement quelques-uns de leurs cours. Elles ne délivrent pas encore de diplôme, mais elles risquent de transformer le fonctionnement de l’enseignement supérieur.

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Imaginez : vous êtes devant votre ordinateur, assis confortablement dans votre canapé. A l’écran, Earl Francis Cook, éminent professeur en épidémiologie à l’université d’Harvard, dispense un cours sur les méthodes quantitatives dans la recherche clinique et de santé publique. Une heure plus tard, la leçon est finie. Mais ce n’est pas terminé. Afin de prolonger ce cours et préparer le suivant, vous allez maintenant retrouver d’autres étudiants originaires des quatre coins de la planète pour un travail en groupe.

Depuis quelques mois, les enseignements des meilleures universités du monde sont à portée de clic. Pas besoin de débourser des dizaines de milliers de dollars pour rejoindre leurs bancs virtuels, une simple adresse mail suffit. Ces cours n’exigent pas de connaissances pointues, seulement parfois quelques bases en mathématiques. La maîtrise de la langue de Shakespeare est en revanche indispensable, car tout est en anglais.

Près de 3 millions d’étudiants

Ce projet d’enseignements gratuits en ligne massifs (Massively open online courses, MOOC, en anglais) a été lancé aux Etats-Unis il y a un peu plus d’un an. Et il connaît un succès fulgurant. Tout commence à l’automne 2011, lorsque 160 000 étudiants s’inscrivent en ligne au cours d’intelligence artificielle proposé par Sebastian Thrun, professeur à l’université californienne de Stanford. En janvier, il fonde sa start-up Udacity et propose une douzaine de modules supplémentaires. Le Massachussets Institute of Technology lui emboîte le pas. En mai, il s’unit avec Harvard pour lancer edX. Les deux institutions ont depuis été rejointes par trois autres, dont Berkeley, en Californie.

Emportées dans le même élan, les universités de Stanford, Princeton, de Pennsylvanie et du Michigan créent ensemble leur propre plate-forme, Coursera. Elle se transforme rapidement en un immense réseau mondial d’une trentaine d’établissements. A la carte, 208 enseignements divers et variés, de l’initiation à la philosophie, avec l’université d’Edimbourg, aux cours d’écriture de chanson, proposé par la prestigieuse faculté de musique de Berklee. Udacity, edX et Coursera comptent à elles trois près de trois millions d’étudiants.

La formule est à peu près la même partout : des cours magistraux hebdomadaires en vidéo dispensés pendant dix semaines en moyenne, approfondis par des lectures personnelles et des travaux communs, et ponctués de devoirs et d’examens. A la fin, pas de diplôme, mais un certificat de participation.

Menace pour l’enseignement traditionnel ?

Bien sûr, ce système ne vaut pas l’enseignement dispensé au sein des prestigieuses universités. « Si les gens paient 50 000 dollars pour s’inscrire par exemple à Caltech [Institut de technologie de Californie], c’est parce que la valeur réelle des cours ne réside pas dans leur contenu, mais dans les interactions avec les professeurs et les autres étudiants », admet Andrew Ng, cofondateur de Coursera, interrogé par le site d’information Slate. La méthode n’est pas non plus à l’abri de fraudes, comme l’usurpation d’identité. Son seul rempart contre la triche : un code d’honneur que ses étudiants s’engagent à respecter. Mais des cas de plagiats ont déjà été relevés.

Malgré leurs limites, les MOOC pourraient bien perturber le paysage universitaire. Ils représentent en effet une sérieuse menace pour les établissements moins cotés et payants. Comme le souligne George Siemens, théoricien de l’apprentissage numérique, dans les colonnes du New York Times, les autres universités risquent de devoir bientôt s’interroger sur la nécessité de développer un système d’enseignement similaire.

Les responsables de ces plates-formes de cours en ligne ne cachent d’ailleurs pas leurs ambitions. Car si elles aident à la démocratisation du savoir, elles participent également au rayonnement de leurs universités d’attache. Ainsi qu’à la recherche dans les méthodes et les technologies de l’enseignement. « C’est un laboratoire vivant qui permet d’étudier comment les gens apprennent, comment l’esprit fonctionne, et comment améliorer l’éducation », explique Piotr Mitros, chercheur en chef à edX, au journal The Chronicle. Un laboratoire, mais aussi une mine d’or pour ces institutions, qui peuvent espérer y trouver quelques talents cachés.

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