CINEMA

Cinéma : l'été 2013 et la crise des blockbusters

Lone Ranger, avec Johnny Depp.
Lone Ranger, avec Johnny Depp. Walt Disney Germany

Qui dit été, dit « summer movies », ces films hollywoodiens grand public et à gros budget. Mais la cuvée 2013 ne semble pas à la hauteur des précédentes: beaucoup de films sont produits à perte, le public n'est pas au rendez-vous. De plus en plus chers, plus formatés, les blockbusters vont-ils disparaître de nos écrans ?

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Tout a commencé par une conférence de presse à la prestigieuse université californienne USC School of Cinematic Art. Deux grands maîtres du cinéma, réalisateurs de blockbusters légendaires annoncent la mort du genre. Steven Spielberg (Les Dents de la mer) voit en l'échec de quelques films récents le déclin d'Hollywood : « Il va y avoir une implosion un jour ou l'autre, un effondrement du système. Trois ou quatre ou même une demi-douzaine de ces films à très gros budget vont complètement se planter et ça va changer le paradigme », s'alarmait-il.

Quant à Georges Lucas (Star Wars), il prédit face aux coûts de production en hausse à Hollywood : « Aller au cinéma vous coûtera 50 dollars, voire 100, peut être même 150 ». Stupéfaction à Hollywood : leurs films les plus rentables, qui explosent chaque année tous les records au box-office depuis le milieu des années 70 vont-ils disparaître pour de bon ?

C'est vrai qu'il y a quelques signes : Lone Ranger, la version Far West de Pirates des Caraïbes, a fait perdre à Disney au moins 150 millions de dollars. Will Smith et son fils Jaden n'ont pas réussi à sauver After Earth. Brad Pitt, en sauveur de l'humanité face aux zombies n'a pas davantage convaincu dans World War Z.

La recette qui semblait jusqu'alors parfaite : gros budget -au moins 100 millions de dollars, dont une grosse part est consacrée à la publicité, stars, effets spéciaux et scénario catastrophe grand public -qui se termine bien, semble rencontrer moins d'adhésion qu'avant.

Crise structurelle plus qu'existentielle

Malgré un été médiocre, Hollywood signe et persiste : de nombreux blockbusters sont prévus pour 2014, tels que Pirates des Caraïbes 4 ou Fast and furious 7. « La crise des blockbusters s'explique d'abord par des coûts de production faramineux, c'est endémique à Hollywood », commente Nolwenn Mingant. Pour Nolwenn Mingant maître de conférences, spécialisée dans l'économie hollywoodienne, l'autre problème c'est « la question de la saisonnalité c'est-à-dire à quel moment je vais sortir mon film. Il y a eu cet afflux de films qui sont sortis au même moment et il n'y avait plus de place pour que chacun trouve son public ».

Il est vrai que l'été 2013 est très riche en blockbusters, avec une vingtaine de sorties sur trois mois. Rien que dans les films jeunesse, on compte Moi, moche et méchant 2, Les Schtroumpfs 2, Montres Academy, Percy Jackson : la mer des monstres etc.

« Quand on a autant d'offres, c'est souvent au profit d'un seul gros film, le reste ne marche pas aussi bien qu'il devrait », commente Bernard Foliguet, qui travaille chez Rentrack ou l'on mesure la fréquentation en salle et la consommation vidéo dans le monde. « On a enregistré une baisse de 8 % depuis le début de l'année par rapport à 2012, mais il faut relativiser l'échec des blockbusters. La crise joue sur le nombre d'entrées au cinéma, mais on a toujours beaucoup de films qui atteignent le million d'entrées, on ne peut pas appeler ça un échec ».

La baisse de fréquentation du public en salle pour les blockbusters n'est donc pas une crise de désamour à proprement parler. Certains sont même très attendus, comme Elysium (14 août) avec Matt Damon.

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