Festival de Cannes 2014

«Jimmy’s Hall», l'hymne de Ken Loach à la lutte contre l'injustice

«Jimmy’s Hall» de Ken Loach.
«Jimmy’s Hall» de Ken Loach. Le Pacte

Huit ans après avoir remporté la Palme d’or pour Le Vent se lève, le réalisateur britannique retourne dans les contrées irlandaises. Avec Jimmy’s Hall, Ken Loach reste fidèle à sa fibre sociale. Une histoire source d’espoir et de courage avec le personnage de Jimmy, homme charismatique doté d’un esprit libre et frondeur. Il met en marche une arme redoutable contre l’injustice : la joie de vivre et le savoir.

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De notre envoyé spécial à Cannes

Des photos en noir et blanc qui défilent devant nos yeux : des arrêts d’images de l’Amérique triomphante qui tombe dans la dépression et la pauvreté. Voilà le contexte de crise économique dans lequel Jimmy est plongé, au début des années 1930, après dix ans d’exil, dans son pays d’origine. Une Irlande profonde bercée par des collines d’un vert presque fluorescent et d’un véritable espoir quant au changement du gouvernement après des années de guerre civile.

A l’arrivée, le garçon charismatique retrouve sa vieille mère, trop heureuse à l'idée qu’il reprenne la modeste ferme après la mort de son frère. Il est attendu par ses vieux amis... mais aussi par ses ennemis de toujours. Dans le film, on apprend qu’il avait été poussé à l’exil. Ce « Hall » « où l'on peut s’amuser et s’améliorer » avait irrité l’union sacrée du clergé avec les traditionnalistes et les gros agriculteurs. Les autodidactes incontrôlables du Hall font réfléchir les gens gratuitement et librement. Assouvir cette soif d’apprendre est une menace pour le monopole des prêtres et des maîtres qui tiennent l’instruction du peuple dans leur main.

Hymne au courage des justiciers

Que dire de ce nouveau film de Kean Loach ? Encore une fois, on est emporté par ce raconteur d’histoires génial, par sa force de créer des atmosphères, d’implanter un récit social universel dans un lieu perdu. Il maîtrise l’art de transformer une petite salle communautaire - où tout le monde est invité à danser, chanter, s’instruire, lire des livres, apprendre à dessiner et à discuter - en une fresque sociale de toute une époque, de tout un pays. Ce fameux « Hall » existait vraiment, créé par Jimmy Gralton, socialiste originaire du Comté de Leitrim.

Ken Loach fait revenir son héros dix ans après l’exil forcé, avec la vocation de mener désormais une vie simple et paisible sur la ferme familiale, Jimmy perd son pari de renoncer à sa passion du Hall. Le gramophone, les disques et les pas de danse du Shim Sham ramenés de New York font fureur chez les jeunes. Même le prêtre écoutera en cachette la nouvelle musique. Ce qui ne l’empêche pas de diaboliser le « Hall » comme un  lieu de péché et de la « Los-Angelesisation » de la culture irlandaise. La fusion des sans-terres - qui grognent contre leur exploitation par les propriétaires - avec la soif de la jeune génération de s’ouvrir au monde et au savoir créeront un cocktail explosif que leurs ennemis jurés ne sont pas prêts d'accepter. Encore une fois, Ken Loach met en scène le courage de ceux qui luttent pour la justice sociale.

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