France

Un maire FN juge une œuvre «affreuse», et la repeint en bleu

La fontaine repeinte en bleu par la mairie FN d'Hayange, en Moselle, le 28 juillet 2014.
La fontaine repeinte en bleu par la mairie FN d'Hayange, en Moselle, le 28 juillet 2014. AFP PHOTO / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La mairie Front national de Hayange, en Moselle, a repeint une fontaine jugée « affreuse » en bleu. Une action qui a soulevé un tollé : l'artiste Alain Mila n’a pas été consulté et attaque la municipalité en justice.

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Le maire frontiste d'Hayange, dans l'est de la France, a décidé de repeindre une fontaine du centre-ville de sa municipalité. « On a une ville assez lugubre, on a voulu l'égayer. On a repeint le fond en bleu piscine et le reste en bleu turquoise », explique Fabien Engelmann, qui dit assumer son choix et « ne pas comprendre qu'on fasse tout un pataquès pour une œuvre dont on peine à appeler ça de l'art ». L'œuvre en question, une fontaine de métal et de pierre, avait été achetée en 2001 par la mairie socialiste de l'époque à Alain Mila, un artiste local qui a quitté la région depuis.

L'artiste attaque en justice

L'artiste s'est étonné de ne pas avoir été averti par la mairie de sa décision de peindre sa sculpture. Alain Mila a jugé que le bleu utilisé était très proche de celui du logo du Front national. Il a donc décidé d'attaquer la collectivité devant le tribunal administratif de Strasbourg. La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a réagi aussi de son côté, dénonçant « une violation du droit moral et des règles du code de la propriété intellectuelle et de la protection du patrimoine ». Face à cette polémique, le maire Front national a proposé de revendre la fontaine à l'artiste.


■ Un festival éléctro annulé par une mairie FN 

Plus au sud, à Luc dans le Var, la mairie Front national a décidé d’annuler le festival de musique électronique Amne’Zik, prévu du 8 au 10 août. Le maire FN, Philippe de La Grange, ne veut pas de ce festival autorisé par l’ancienne municipalité. Pour justifier cette décision, il met en avant le risque d’incendie sur l’emplacement du festival et sa volonté de « protéger les personnes et l’environnement ».

L’édile s’appuie sur un avis défavorable du sous-préfet de Draguignan, Stanislas Cazelles, émis suite à une visite sur place, le 8 juillet dernier. Pour l’association à l’origine du festival, Movin’Project, cette décision est incompréhensible. La sous-commission départementale de sécurité leur avait donné un avis favorable au mois de juillet.

Les organisateurs voient dans ce rebondissement des motivations politiques. « Nous nous demandons si ce n’est pas ça, la réalité de la politique du Front national, à savoir abolir les expressions artistiques alternatives et empêcher toute initiative originale à destination de la jeunesse », s’interrogent-ils dans un communiqué.

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