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Cinéma

Cinéma: la francophonie du rire aux larmes à Angoulême

« Gemma Bovery », d’Anne Fontaine, avec Fabrice Luchini, Gemma Arterton.
« Gemma Bovery », d’Anne Fontaine, avec Fabrice Luchini, Gemma Arterton.

Le 7e festival du Film francophone d’Angoulême, dans l’ouest de la France, se termine ce mardi 26 août. Entre des comédies à gros budget et un hommage aux films du Burkina Faso, voici quelques coups de cœur, forcément subjectifs, glanés parmi les avant-premières et la compétition officielle.

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Discount, de Louis-Julien Petit, avec Corinne Masiero, Olivier Barthélémy, Zabou Breitman (sortie fin 2014)

Menacés de licenciement et convaincus que « prendre, c’est pas voler », les employés d’un magasin hard-discount montent leur propre épicerie solidaire… en piochant dans les produits invendus du supermarché qui les exploite.

Louis-Julien Petit réalise un coup de maître avec ce premier film qui a déclenché des rires, des tonnerres d’applaudissement et des larmes à chaque projection. Produit en partie grâce à un site de financement participatif, Discount tire aussi sa force des 300 figurants recrutés dans le Nord de la France. « C’est le film dont on a besoin en ce moment », confie, très émue, l’actrice Corinne Masiero. Ce film joyeux et plein d’espoir est aussi un plaidoyer contre le gaspillage alimentaire : « Un tiers de la production alimentaire destinée à la consommation humaine est détruit », rappelle le réalisateur Louis-Julien Petit.

Melody, de Bernard Bellefroid, avec Lucie Debay et Rachael Blake (sortie janvier 2015)

Dans la France d’aujourd’hui, Melody, 28 ans, rêve d’ouvrir un salon de coiffure. Pour le financer, elle devient mère porteuse pour le compte d’Emily, une femme d’affaire anglaise : « C’est trash, mais c’est moins dangereux que d’être pauvre ». Melody et Emily vont s’adopter l’une l’autre, se dévoiler leurs blessures intimes.

« Dans la crise que nous traversons, où les banques ne prêtent plus rien, où personne ne tend la main à personne, je me suis imaginé que Melody pouvait avoir recours à cette solution : devenir mère porteuse », explique le réalisateur belge Bernard Bellefroid. Melody n’est jamais misérabiliste, sonne toujours juste, sans juger personne. Le film dépasse le simple propos « social » pour brosser deux magnifiques portraits de femmes. Lucie Debay, venue du théâtre, a passé de longs mois à travailler les répliques de Melody. Elle est bouleversante.

Gemma Bovery, d’Anne Fontaine, avec Fabrice Luchini, Gemma Arterton (sortie 10 septembre)

Parisien repenti devenu boulanger en Normandie, Joubert voit se terminer « dix ans de tranquillité sexuelle » avec l’arrivée de sa nouvelle voisine, une certaine Gemma Bovery…

Anne Fontaine adapte avec délice le roman graphique de Posy Simmonds - lui-même inspiré de Madame Bovary de Gustave Flaubert. La réalisatrice voit en Fabrice Luchini, passionné par Flaubert, « un démiurge, persuadé que la vie imite l’art : il veut pétrir les êtres comme il pétrit son pain ». Gemma Bovery est une comédie amorale parfaitement maîtrisée. On n’en attendait pas moins de celle qui avait fait imploser le couple Miou Miou – Charles Berling dans Nettoyage à sec et qui, dans Perfect mothers, avait filmé deux femmes tombant chacune amoureuse du fils de l’autre.

Bouboule, de Bruno Deville, avec David Thielemans, Swann Arlaud, Julie Ferrier, François Hadji-Lazaro (sortie 5 novembre)

Bouboule, c’est ainsi que ses camarades surnomment Kevin, 12 ans, 100 kilos. Sa mère, elle, l’appelle « mon petit dindonneau ». Pour maigrir, Kevin abandonne l’aquagym et se lance dans une formation commando avec un agent de sécurité au passé trouble.

Derrière Kevin alias Bouboule, pointe le réalisateur Bruno Deville : « A l’adolescence, j’avais moi-même un corps assez … large… un père absent, une mère qui avait peur de mon poids. Je devais aussi aller à la piscine et c’était une torture de me mettre en maillot de bain ». Comédie sensible sur la différence, Bouboule est aussi un film sur la construction de son identité à l’adolescence. « Comment s’affirmer comme garçon, à 12 ans, quand on a des seins ? », s’interroge Bruno Deville. David Thielemans, qui affiche la même corpulence que son personnage, Kevin, a été repéré par hasard à la sortie d’une école à Bruxelles. « Quand Bruno est venu parler du film à ma mère, elle a cru que c’était une blague, qu’il y avait une caméra cachée », sourit David, dans la première interview de sa vie de jeune acteur.

Hope, de Boris Lojkine, avec Endurance Newton, Justin Wang (sortie le 28 janvier 2015)

Lire notre article lors du festival de Cannes, où le film était projeté dans le cadre de la Semaine de la Critique.

Printemps tunisien, de Raja Amari avec Bilel Briki, Bahram Aloui, Hichem Yacoubi, Anissa Daoud, Rabia Ben Abdallah (diffusé sur Arte en janvier 2015, le film sortira à la même période en Tunisie)

Humiliés, frustrés, soumis à un régime absurde et corrompu, Fathi, Mourad, Moha et Noura sont pris dans la révolte qui conduit à la chute de Ben Ali, en 2011.

« Mes personnages sont des Tunisiens ordinaires, pas spécialement politisés, ce ne sont pas forcément des héros », prévient Raja Amari, remarquée pour Satin rouge et Les Secrets. Montrer les « petites mains » de la révolution, c’est la force de ce film pour le tournage duquel la réalisatrice a mis entre parenthèse un autre projet qui lui tient à cœur : un film sur l’immigration.


A (ré)écouter les reportages de notre envoyé spécial au 7è Festival du Film francophone d’Angoulême

Ouverture du 7ème Festival du Film francophone d’Angoulême,

7ème Festival du Film francophone d’Angoulême, le film Melody

7ème Festival du Film francophone d’Angoulême, le clap de fin

 

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