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Culture / Afghanistan

France: mobilisation culturelle pour l'Afghanistan

Le logo officiel de la Semain de l'Afghanistan en France, du 24 au 30 novembre 2014.
Le logo officiel de la Semain de l'Afghanistan en France, du 24 au 30 novembre 2014. DR

« N’oublions pas l’Afghanistan » est le thème d’une semaine de sensibilisation qui met la culture afghane à l’honneur en France. La Semaine de l'Afghanistan propose jusqu’au 30 novembre des expositions, des lectures, des concerts, des projections de cinéma et des débats qui auront lieu à Paris, Dunkerque, Rambouillet, Grenoble, Lille, Dijon et Strasbourg.

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Avec le retrait des troupes françaises et étrangères d’Afghanistan et en même temps la surenchère médiatique de la terreur de l’organisation EI en Irak et en Syrie, l’Afghanistan risque de tomber dans l’oubli. C’est la crainte de Étienne Gille, vice-président de l’association franco-afghane Afrane et avec le Collectif des ONG françaises en Afghanistan (Cofa) l’un des organisateurs de la Semaine de l’Afghanistan en France : « Nous avons souvent entendu que, maintenant, il y a d’autres préoccupations dans le monde et l’Afghanistan, curieusement, est un peu oublié, alors que tout le monde disait que l’Afghanistan est une zone centrale pour la paix du monde. Les financements deviennent plus difficiles et même les médias en parlent moins. Nous voulons dire que ce pays mérite toujours et encore un grand intérêt. »

« L’Afghanistan après 2014 »

Le mercredi 26 novembre, un colloque à l’Assemblée nationale posera la question de L’Afghanistan après 2014, mais toute la semaine cela sera à la culture de combattre l’oubli. « Nous pensons que l’Afghanistan est un pays qui bouillonne, qu’il y a plein d’évolutions favorables, malgré toutes les difficultés. Nous voulons faire connaître ces évolutions à travers la culture. »

Au programme ce mardi 25 novembre, une rencontre avec l’écrivain afghan Atiq Rahimi, tête d’affiche d’une semaine du livre sur l’Afghanistan et qui discutera le 27 novembre à Paris autour de son film Syngué sabour, adapté de son livre qui avait reçu le prix Goncourt. Une œuvre qui se place résolument du côté de la liberté en racontant la vie d’une femme épouse à Kaboul qui prend la parole contre son mari dans une ville assiégée et bombardée.

À l’occasion de la Journée internationale contre la violence faite aux femmes, ce mardi 25 novembre, est programmé le long métrage Wajma qui avait représenté l’Afghanistan aux Oscars, réalisé par l’Afghan Barmak Akram. À Lille, Sandra Calligaro exposera dans Afghan dream l’aspiration d’une nouvelle classe moyenne émergente à Kaboul et sa vision photographique d’un pays où « les jeunes Afghans aspirent aux mêmes valeurs que nous ».

La situation de la culture dans l'Afghanistan d'aujourd'hui

Des spectacles comme La Ronde de nuit, une création collective des comédiens afghans du Théâtre Aftaab en voyage, mise en scène par Hélène Cinque sur une proposition d’Ariane Mnouchkine, ont souvent rappelé que la situation des artistes et de la culture reste difficile dans l’Afghanistan d’aujourd’hui. Mais les choses s’améliorent, affirme l’écrivain Atiq Rahmi : « Dans tout ce qui se passe très mal en Afghanistan, comme la santé, l’économie, la sécurité, on peut dire que les médias se portent bien. Il y a presque trente chaînes de télé. Les artistes, aussi bien les chanteurs que les gens du théâtre, que les spectacles, profitent également de cette nouvelle Constitution qui donne une certaine liberté pour les artistes et les écrivains. Par exemple, dans les médias, les artistes s’expriment clairement, et ils s’expriment aussi leur point de vue politique. Par contre, il y a une autocensure, une censure sociale qui sont ancrées à l’intérieur de chaque artiste en Afghanistan. Aujourd’hui, les artistes ont très peu de problèmes vis-à-vis de l’État ou du gouvernement. C’est plutôt par rapport à la société qu’ils sont mal positionnés. Parce qu’il y a des mollahs, il y a la religion et il y a justement une autocensure en nous. Donc il y a des maisons d’édition qui publient des livres magnifiques, il y a des radios libres, des chaînes de télé qui diffusent des débats politiques très intéressants et très approfondis. »

Une situation suffisamment intéressante et complexe pour en discuter toute une semaine. 

► Consulter le programme www.semainedelafghanistan.org

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