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Cinéma / Sénégal

Le Festival des 3 Continents honore la cinéaste sénégalaise Khady Sylla

«Une simple parole», film de Khady Sylla.
«Une simple parole», film de Khady Sylla. DR

Elle était l’une des très rares femmes cinéastes africaines : Khady Sylla est à l’honneur au Festival des 3 Continents, à Nantes. Jusqu’au 2 décembre, ce rendez-vous défricheur des cinémas d’Afrique, d’Amérique et d’Asie, lui consacre une rétrospective, un an après son décès, à l’âge de 50 ans. L’occasion de redécouvrir une œuvre singulière.

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En seulement cinq films, Khady Sylla a imposé un regard unique sur la société sénégalaise. Entre documentaire et fiction, elle occupe une place vraiment à part, estime Jérôme Baron, le directeur artistique du Festival des 3 Continents : « Ce qui me touche beaucoup dans le cinéma de Khady Sylla, c’est qu’elle passe son temps à interroger cette place. Comment est-ce que Khady, traversée par ces différentes tensions et forces de la société sénégalaise, passe son temps à interroger ce qui pourrait être elle en tant que corps, voix, femme, écrivain, cinéaste ou artiste. Et cela avec un regard presque avant-gardiste. »

Dans Colobane Express, Khady Sylla nous fait monter à bord des cars rapides, ces minibus brinquebalants qui sillonnent la capitale sénégalaise. Une fenêtre ouverte est un témoignage bouleversant sur son expérience de la folie. Et dans Le Monologue de la Muette, elle redonne la parole aux bonnes, corvéables à merci.

La force de l'humanisme

Un regard « humain, trop humain », c’est bien ce qui caractérise Khady Sylla selon sa sœur, Mariama, avec qui elle a réalisé son dernier film Une simple parole. « C’est tout le questionnement qui doit se poser dans ce XXIe siècle. Comment améliorer cette humanité et comment discuter ensemble. Tout ce qui nous pousse à faire des films est humain. Je pense que tous les grands réalisateurs, que ce soit Orson Welles, Stanley Kubrik…, c’est la force de l’humanisme qu’on retrouve dans leurs films qui nous pousse à être attachés à ces films-là. »

Khady Sylla, cinéaste sénégalaise, née à Dakar le 27 mars 1963, décédée le 8 octobre 2013.
Khady Sylla, cinéaste sénégalaise, née à Dakar le 27 mars 1963, décédée le 8 octobre 2013. DR

Les films de Khady Sylla témoignent d’un monde en mutation : l’épuisement de la tradition orale, l’exode rural… C’est aussi ce que retient Mariama Sylla. « Je pense que ce monde en mutation l’a toujours interpellé. Il y a une politique économique qu’on a voulu calquer sur le modèle qui peut-être ne nous correspond pas, nous, en tant que Sénégalais. Cela ne sert à rien de copier le capitalisme. Ce XXIe siècle est une bonne occasion de réfléchir à un autre modèle. Avec un dialogue de cultures, si ça se passe, les gens vivront mieux. »

Khady Sylla avait une devise : « Créer ou s’anéantir ». Ses créations lui survivront.

► Lire aussi : Le Festival des 3 Continents honore la cinéaste sénégalaise Khady Sylla

Ecouter l'émission spéciale de « Tous les cinémas du monde » au Festival des 3 Continents de Nantes

► Le Festival des 3 Continents, du 25 novembre jusqu'au 3 décembre, à Nantes.

 

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