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Musique

L’accordéoniste Richard Galliano en mode «Sentimentale»

L'accordéoniste Richard Galliano chez lui à Paris.
L'accordéoniste Richard Galliano chez lui à Paris. José Marinho / RFI
4 min

Dans son nouvel album, l’inventeur du « new musette », reconnu dans le monde entier, revient à ses premiers amours, c'est-à-dire le jazz, version accordéon. Et ça swingue. Avant de partir, dès janvier 2015, en tournée mondiale avec Sentimentale, l’accordéoniste virtuose français Richard Galliano nous a accordé un entretien chez lui à Paris.

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RFI : Richard Galliano bonjour, merci de nous recevoir chez vous.

Richard Galliano : C’est un plaisir. C’est le pied-à-terre parisien parce que l’on habite aussi le sud. Ça fait plus de 40 ans que l’on habite, mon épouse et moi, à Paris.

Je vois sur la table le livre de Patrick Modiano, Dimanche d’août, ce n’est pas le dernier, mais vous vous intéressez à la littérature ?

J’aime bien le rythme, quand il y a des chapitres assez courts aussi.

Apparemment, le rythme est omniprésent dans votre vie ?

Oui, je prends une centaine d’avions par an. On a joué une œuvre que j’ai composée au Châtelet, j’ai appelé ça Contrastes et le dernier contraste c’est de passer du Brésil à la Sibérie. Au Brésil on était à plus de 30° et en Sibérie, on frôlait les moins 30°…

Votre nouvel album Sentimentale, vous nous plongez dans l’univers jazz, vos premiers amours aussi ?

C’est un des premiers que je fais purement jazz avec une rythmique de musique américaine. En plus, on l’a fait dans l’urgence, en deux jours, les arrangements étaient bien sûr faits en amont par le pianiste, moi j’ai juste fait les arrangements pour mes compositions. Finalement, c’est nouveau, parce que, pour une fois, je n’ai pas joué vraiment mes compositions ou ce que j’appelle « new musettes », c'est-à-dire des valses, des musettes jazzifiées ou des tangos à la Piazzolla un peu jazzifié aussi. Là, c’était vraiment des standards de jazz, le thème Neiman, Coltrane, In A Sentimental mood d’Ellington… À la fois, on était en quintette et il fallait faire une orchestration. Pour un arrangement de jazz, c’est peut-être très arrangé. Il y avait beaucoup de choses à lire.

Parce que la musique écrite laisse de la place à cette liberté d’interprétation ?

D’improvisation aussi. Mais disons que les derniers disques, Bach et Vivaldi, je les ai faits purement classiques. Alors là, il ne s’agit d’improviser du tout. Il faut vraiment interpréter ce qui est écrit, de la même manière. Là, disons que c’est entre les deux. Il y a la dimension de musique écrite comme dans la musique classique et les passages d’improvisation avec simplement le chiffrage harmonique. Tout est préparé à l’avance, il y a de l’improvisation à l’intérieur, mais la forme est bien précise comme dans la musique classique.

En fait, c’est votre premier album enregistré aux États-Unis pour un label américain ?

Oui, mais à mon tour, c’est moi qui me suis aperçu, dans le contrat que j’ai signé avec l’Américain qui a sorti Sentimentale, je suis « coincé » pendant 18 mois. Donc je ne peux pas faire de nouveaux disques de jazz avant 18 mois. C’était un travail très intensif.

Déplaisant ou plaisant plutôt ?

Plaisant, mais disons qu’avant d’aller aux séances, il y a toujours une forme de trac, parce ce que c’est l’inconnu. Je ne connaissais pas du tout les musiciens. Bien sûr, ce métier est un plaisir. Ce n’est même pas un métier, on est payé pour faire notre passion. C’est le conseil que l’on donne à tous les jeunes. D’ailleurs, c’est une phrase de Confucius : « Choisis un métier qui te passionne et tu ne travailleras pas un seul jour de ta vie ».

Et l’accordéon vous l’avez choisi ?

Oui et non, c’est l’exemple de mon père. Quand je l’ai vu jouer, j’étais fasciné de le voir jouer, mais peut-être s’il avait fait autre chose… C’est la fascination du père, de vouloir faire comme lui. Mais bon, j’ai partagé tout de suite sa passion pour la musique, pour l’accordéon, le bandonéon, même le cyclisme. C’est un fou du cyclisme, c’est un collectionneur de toutes les revues de cyclisme depuis le premier tour de France en 1900, à tel point que moi je voulais être aussi coureur cycliste dans mon adolescence, ça a un peu forgé mon caractère, ce sport.

Qu’est-ce qu’il fait courir Richard Galliano à 64 ans ?

Il y a un ami qui me disait, on ne vient pas d’un milieu où on refuse le travail. Je viens de vous dire que ce n’est pas un travail, mais les choses fonctionnent. En ce moment, j’ai envie de prendre un autre cap, petit à petit, plus par rapport à la composition. Pour la composition, il faut s’arrêter, se mettre à la table, laisser venir les idées, les mûrir. C’est comme un écrivain, si on ne se met pas tous les jours à la table, à un moment donné on n’a plus envie d’écrire, on n’a plus d’idées, voilà ça s’atrophie.

Merci Richard Galliano.

Les dates de la tournée mondiale de Richard Galliano à partir de janvier 2015

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