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Chanson / France

Vivre et chanter pour des idées: Leny Escudero est mort

Leny Escudero en concert au Théâtre de Paris en 1985.
Leny Escudero en concert au Théâtre de Paris en 1985. AFP/Jean-Loup Gautreau
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Après une vie de voyages et de chansons, Leny Escudero est mort. Le chanteur français avait 82 ans. Compositeur à succès dans les années 1960 et 70, il avait effectué un spectaculaire retour sur scène dans les années 2000 avec ses tubes d'antan, mais aussi des chansons engagées, retrouvant un public fidèle.

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L'histoire de Joaquín Leni Escuder, le vrai nom de Leny Escudero, c'est l'histoire d'une famille de réfugiés. « Père gitan, mère basque », comme il se décrivait, il est né en Espagne. En 1939, il a 7 ans : ses parents, républicains espagnols, fuient le franquisme, mais sur la route vers la France, Leny se retrouve seul. « On s’est perdus pendant la débâcle, raconte le chanteur, et il y avait des camions des la Croix rouge qui ramassaient des enfants tous seuls, perdus dans la guerre ».

C'est sur les bancs d'une école communale de la Mayenne dans l'Ouest de la France, que Leny Escudero apprend à écrire. Ouvrier terrassier, puis chanteur, monté à Paris, Leny Escudero rencontre très vite le succès. « Pour une amourette/Qui passait par là/J'ai perdu la tête/Et puis me voilà », l’une de ses chansons qui devinrent vite des tubes. C'était en 1962.

« C’est cocasse et c’est même un peu triste de voir comment ces deux chansons qui avaient été des succès énormes dès 1962 – c'est-à-dire ‘Pour une amourette’ et ‘Balade à Sylvie’ – sont entrées dans la mémoire collective, comme on dit, et restent accrochées à son nom et ont tendance à masquer le reste. Et en effet le reste était très, très différent de cette image de chanteur à bleuettes » témoigne Valérie Lehoux du magazine Télérama. « Pour lui la chanson c’était quand même d’abord la chanson à texte. Et d’ailleurs très vite, après ses deux énormes succès il a fui. Il a fui les paillettes, il a fui la gloire. Il est parti faire un tour du monde ».

Leny Escudero plaque tout. On le retrouve en Israël, Amérique du Sud, en Afrique et notamment au Bénin où il construit une école en pleine brousse, avec sa caisse à outils. «Il allait régulièrement à Cuba, il avait des convictions qui l’amenaient évidemment vers le camp communiste. Il n’avait jamais enterré le rêve d’un modèle alternatif à celui du capitalisme et du consumérisme, il voulait encore y croire ».

Avec ses longs cheveux gris, sa longue silhouette de gitan, Escudero ne perdra jamais un public resté fidèle au fil des années, vivant de musique et de petits boulots. « Il continuait de chanter, ce n’était pas simple. Il avait lancé une souscription il n’y a pas très longtemps pour la publication du deuxième Tom de ses mémoires qu’il avait achevé il y a deux mois, en août ».

Leny Escudero venait de publier le deuxième tome de sa biographie, « Le début...la suite...la fin » (édition du Cherche Midi).
 

→ à retrouver sur le site RFI Musique à l'occasion de son retour sur scène en 2006 à Paris

→ à retrouver aussi dans le portrait-documentaire Tendre rebelle

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