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Estonie / Culture

Estonie: Le nouveau musée national pour «toutes les nations»

Vue générale sur le nouveau musée national de l’Estonie, à Tartu, inauguré le 1er octobre 2016.
Vue générale sur le nouveau musée national de l’Estonie, à Tartu, inauguré le 1er octobre 2016. REUTERS/Ints Kalnins
Texte par : AFP
4 mn

Posé en bout de piste d'une ancienne base aérienne soviétique à Tartu, capitale universitaire de l'Estonie, le majestueux nouveau musée national veut offrir un regard neuf sur l'histoire du pays, sans ignorer la période soviétique.

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Ce musée rembourse « une dette de gratitude à l'égard de ceux qui ont maintenu l'Estonie vivante durant des périodes noires, difficiles et nourri nos espoirs », a résumé le président Toomas Ilves en l'inaugurant début octobre.

L’Histoire donne le sens de l’indépendance de la République

Indépendante pour la première fois en 1918, l'Estonie a ensuite été occupée par les Soviétiques pendant 50 ans avant de reconquérir son indépendance en 1991 et entrer dans l'Otan et l'Union européenne en 2004. Abritant une importante minorité russophone, elle craint aujourd'hui, comme la Lettonie voisine, que Moscou ne tente d'appliquer aux pays baltes un scénario analogue à celui de l'annexion de la Crimée et du conflit séparatiste en Ukraine. Dans un pays longtemps façonné par les influences étrangères, « la connaissance de l'Histoire donne le sens de l'indépendance de la République », estime Tonis Lukas, directeur du musée.

« Notre objectif est de faire connaître la vie des gens simples parce que c'est là que réside l'essence de l'Histoire. Ce ne sont pas seulement les grands hommes qui forment l'Histoire », affirme ce francophone, ex-ministre de l'Éducation.

Des harpons datant de l'âge de glace ouvrent l'exposition qui s'achève avec une carte d'e-résident, un programme de domiciliation virtuelle que l'Estonie a lancé fin 2014. Du matériel agricole rappelle les longues années sous la domination des barons baltes allemands. Des chaussures de l'époque soviétique sont une allusion aux 50 années d'occupation communiste. La lutte pour l'indépendance est symbolisée par des mannequins portant des T-shirts avec les drapeaux estoniens, trois bandes horizontales bleue, noire et blanche.

« Réveil national »

Le premier musée ethnographique estonien avait été fondé en 1909 dans un manoir situé près de l'actuel musée, mais durant l'occupation soviétique, les collections avaient été dispersées entre différents établissements ou dans les archives. « Construire un nouveau bâtiment était le devoir de toutes les générations », rappelle Tonis Lukas.

« Il était temps de pouvoir montrer notre héritage si riche. L'exposer de manière si innovante va permettre de toucher un public plus jeune. Même s'ils viennent pour voir comment les nouvelles technologies y sont appliquées, nous allons captiver leur attention et ainsi de plus en plus de personnes vont s'intéresser à leurs racines », se réjouit Piret Puppart, une jeune femme venue en costume traditionnel aux couleurs vives de l'île de Saaremaa. Elle enseigne comment utiliser les motifs ethnographiques dans la mode à l'École des Beaux-Arts de Tallinn et a prévu d'amener ses étudiants au musée.

« Ce musée est un véritable produit du mouvement de réveil national du 19e siècle et qui veut montrer que la culture estonienne est tout à fait prolixe. Il y a à peine 150 ans, peu pariaient sur la possibilité pour l'Estonie de devenir un pays indépendant », relève Andres Kasekamp, professeur en sciences politiques à l'université de Tartu.

L’envol de la nation estonienne

Tout habillé de parois de verre aux motifs estoniens en filigrane, l'architecture du bâtiment long de 355 mètres, imposant et majestueux, mais restant à l'échelle du paysage, veut être le médiateur entre le passé de l'Estonie et son avenir. « Le sol de cette piste devient la toiture du bâtiment avec une légère pente qui représente l'envol de la nation estonienne avec un passé très difficile et un futur à inventer", explique Dan Dorrell, l'un des trois architectes de l'agence française DGT qui a imaginé ce bâtiment.

Près d'un quart de la population de l'Estonie est composé de russophones. Arrivés pour la plupart pendant la période soviétique, ils sont pour une grande partie encore mal intégrés. « La plupart des musées ont oublié cette part de la population. Leurs objets ne sont pas collectés, mais nous avons voulu les montrer. C'est un musée pour toutes les nations (au sens ethnique) vivant en Estonie », explique Riina Reinvelt, la directrice des collections. Un service à café ayant appartenu à une Ukrainienne, résidente estonienne, est ainsi exposé.

 

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