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Littérature

Mandela, un mentor pour tous

Nelson Mandela en visite à la prison de Robben Island où  il y fut détenu pendant dix-huit ans.
Nelson Mandela en visite à la prison de Robben Island où il y fut détenu pendant dix-huit ans. © AFP/Louise Gubb
Texte par : Georges Lory
3 mn

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Dans la foulée de la « miraculeuse » transition démocratique de 1994, un hebdomadaire anglais avait écrit que Nelson Mandela était la personne vivante la plus proche d’un saint. Remarque piquante quand on sait que Mandela, jeune, était un grand séducteur et qu’il s’entraina ensuite à la guérilla. Il n’était pas religieux non plus, et probablement pas croyant. Pourtant, Mgr. Emmanuel Lafont estime que l’on peut s’inspirer de lui pour élever son âme, exercice salutaire, surtout en cette période de fin d’année.

Mandela était exceptionnel par son sens du pardon et du respect. Dans les années 1980, décennie terrible, Soweto comptait quatre prêtres français à Soweto. Emmanuel Lafont pilotait la paroisse de Saint Philippe Neri, au cœur du township. « La moitié des funérailles auxquelles j’ai présidé n’était pas des morts naturelles », note-t-il. Face à la violence qui détruisait les êtres, il a recours à la grève de la faim, à l’accueil de sans-abris dans son minuscule logis, aux sermons bilingues en zoulou et en sesotho.
Zindzi Mandela présente le religieux à son père dès son retour à Soweto en homme libre.

Les deux hommes confessent une admiration pour Ghandi qui vécut dix-sept ans en Afrique du Sud. Mandela a noué de solides amitiés avec des Indiens de son pays. Le plus connu est Ahmed Kathrada. Emmanuel Lafont nous apprend que les deux hommes se sont fâchés lors de leur première rencontre. Ils partageront la même cellule à Pollsmoor trente ans plus tard. Quand il forme son premier gouvernement en 1994, Mandela fait la part belle aux Indiens. Plus tard il a souhaité épouser la résistante Amina Cachalia quand elle s’est retrouvée veuve, mais elle a décliné.

Mandela nous enseigne aussi le sens des responsabilités. Il développait un profond sentiment de culpabilité à l’égard de sa famille dont il ne s’était pas assez occupé et qu’il savait harcelée à cause de son engagement Au point que, du fond de sa prison, il appréhendait les lettres de Winnie, son épouse.

Mandela nous transmet un sens poussé du respect de soi. Après la révolte des lycéens de 1976, le pénitencier de Robben Island a vu débarquer de nombreux jeunes militants, prêts à en découdre avec les gardiens. « Il ne faut surtout pas se mettre au niveau de ces brutes », leur conseillèrent les anciens.

Enfin Mandela a fait preuve d’une intégrité morale à toute épreuve. Sur la fin de sa vie, il se désolait de voir d’anciens camarades uniquement préoccupés par leur enrichissement personnel.

Trois ans après son décès, Mandela reste source d’inspiration. Quant à Emmanuel Lafont, devenu évêque de Cayenne, il met toute son énergie à défendre les Amérindiens.

Emmanuel Lafont, Prier avec Mandela, Presses de la Cité, 2014

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