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Culture / Côte d’Ivoire / Bande dessinée

«Cocobulles» à Grand-Bassam, le retour du festival des dessinateurs de presse

L'affiche du festival Cocobulles en Côte d’Ivoire, à Grand-Bassam, du 16 au 18 mars.
L'affiche du festival Cocobulles en Côte d’Ivoire, à Grand-Bassam, du 16 au 18 mars. Cocobulles
Texte par : Anna Sylvestre
3 mn

En Côte d'Ivoire, après dix ans d'absence, c'est le retour de CocoBulles. Ce festival du dessin de presse et de bandes dessinées rouvre ses portes à Grand-Bassam dès ce jeudi 16 mars et jusqu'à samedi soir. Réunis autour de l'association Cartooning for Peace qui oeuvre pour la liberté d'expression, une dizaine de dessinateurs venus principalement d'Afrique, mais aussi d'Europe et du Proche-Orient sont au rendez-vous. Au programme, des conférences, des ateliers et des échanges avec tous les amateurs.

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En signe de résistance, un an après l'attentat qui a frappé la ville, c'est à Grand-Bassam que les dessinateurs de presse ont choisi de s'installer le temps du festival. Du Centrafricain Didier Kassaï à Willis de Tunis en passant par Plantu de France, tous revendiquent le droit d'informer, d'offenser et toujours de plaisanter.

Lassane Zohoré est le fondateur de Cocobulles : « C’est un signal fort qu’on envoie, contre le terrorisme. Certains de nos confrères ont payé de leur vie. Tous les sujets doivent être abordables. C’est comme la conquête de la liberté. Cela se conquête tout doucement. »

« Être conscient qu’il est nécessaire d’être inconscient »

Pression religieuse, mais aussi politique... Les dessinateurs de presse font face aux interdits et aux censures des sociétés. Grinçant, piquant, leur travail dérange souvent. « Ces dernières années, au Burkina Faso, le tabou était l’armée, affirme l’auteur burkinabèDamien Glez, notamment le régiment de sécurité présidentielle qui a essayé d’organiser le coup d’État. Là, ce n’était pas toujours facile, mais, moi, en même temps, quand le militaire est sorti à la télé pour annoncer le coup d’État, je l’ai dessiné en live, c’est passé sur internet… Je crois qu’un dessinateur doit être conscient qu’il est nécessaire d’être inconscient. »

Face à des populations parfois analphabètes ou des pays aux multiples dialectes, le dessin et son langage universel restent accessibles à tous. Les amateurs et les curieux de BD sont invités pendant trois jours à Grand-Bassam pour croquer et pasticher la société.

Festival Cocobulles en Côte d’Ivoire, à Grand-Bassam, du 16 au 18 mars
 

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