Littérature

[Du côté de chez Mandela] Au loup!

Première de couverture de « Wolf Wolf » de Eben Venter.
Première de couverture de « Wolf Wolf » de Eben Venter. Tafelberg

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Mattheüs Duiker, 32 ans, s’occupe de son père âgé, aveugle, malade, mais toujours ferme sur ses principes : il ne tient pas à ce que son fils fasse venir son grand ami Jack dans leur maison. Cependant, le vieillard comprend le souhait de son fils qui, à l’issue de plusieurs années de voyage, désire monter un petit commerce. Il finit donc par lui donner la somme importante pour lui permettre de démarrer. Matt ouvre son magasin avec l’appui d’Emile, un réfugié congolais.

Mais le copain Jack, animateur dans une institution pour jeunes, se voit contraint d’en démissionner et se retrouve sans logis. Il vient s’installer en douce dans la chambre de Matt.

Après le décès du père, la lecture de son testament induit que le vieil homme avait eu vent de cette intrusion. Matt ne reçoit que la Mercedes et des meubles, et non la maison comme il l’espérait. Mise aux enchères, la demeure est achetée par un Noir aisé. Matt et Jack, qui vivent désormais dans la grande voiture, vont faire du potin le soir sous les fenêtres du nouvel occupant, portant des masques de loup.

Matt se fâche en même temps avec Emile. Il met à la porte le père de famille congolais. Un beau matin, il retrouve Emile dans son magasin, avec un titre de propriété en poche et trois gros bras qui l’expulsent. Quant à Jack, il va jouer au loup une fois de trop, car cette fois-ci, le propriétaire est armé.

Le roman commence sur un rythme lent, afin que l’on cerne bien la personnalité de Matt : fragile, velléitaire, addictif aux films porno, gentil avec son père, mal à l’aise en société. Son homosexualité est abordée avec finesse et profondeur. Puis le rythme du livre s’accélère, la vie du jeune Blanc, désormais orphelin, bascule en quelques mois. Le changement de société en Afrique du Sud est difficile à vivre pour ceux qui ne sont pas bien préparés. Les Blancs qui ne s’adaptent pas courent à la catastrophe.

Afrikaner né en 1954, Eben Venter a étudié la philosophie. Il a mal vécu son service militaire qui l’a envoyé se battre en Angola. Il a quitté l’Afrique du Sud au moment de l’instauration de l’état d’urgence en 1986. Venter s’est installé en Australie où il a travaillé comme chef cuisinier. Il a publié neuf autres romans, dont plusieurs sont traduits en anglais, allemand et néerlandais.
 


Eben Venter, Wolf, Wolf, Tafelberg, 2013. Michiel Heyns a assuré la traduction en anglais, sous le même titre.

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