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Paris / Nuit Blanche 2018

«Nuit Blanche»: l’art contemporain et «la folie parisienne»

Gaël Charba, directeur artistique de la 17e édition de « Nuit Blanche ».
Gaël Charba, directeur artistique de la 17e édition de « Nuit Blanche ». Siegfried Forster / RFI

Pendant une nuit, Paris se transforme en capitale mondiale incontestée de l’art contemporain. Dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 octobre, le programme de « Nuit Blanche » accueille 178 projets labellisés, dont 76 dans le « In », pour transformer la ville et ses habitants. La ligne 1 du métro se réveillera sous forme de jungle, à La Villette jaillira une fontaine de boue, le Pont Alexandre III passera en mode de défilé de mode à la fois révolutionnaire et populaire… Dans le royaume nocturne de l’art, tout sera gratuit et rien ne semble impossible. Entretien avec Gaël Charbau, directeur artistique de la 17e édition de « Nuit Blanche ».

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RFI : Quelle identité voulez-vous donner à la ville de Paris à travers la « Nuit Blanche » 2018 ?

Gaël Charbau : Une identité multiple. Cette 17e édition va refléter toute la richesse de Paris et des artistes. J’essaie de représenter un certain nombre d’influences portées par des artistes émergents. Il y est question de métissage et bien sûr aussi un peu de folie. Chez ces jeunes artistes, les catégories sont redistribuées, ils se nourrissent un peu de tout : de choses très populaires, de science, de choses parfois très pointues, parfois très populaires. Leur travail est un vrai travail horizontal avec tous les signes et toutes les images que peuvent produire nos sociétés. Cette « Nuit Blanche » reflète assez bien cette richesse de la création contemporaine.

Il y aura quatre « Constellations », quatre grandes zones de projets artistiques dans la ville : les Invalides, La Villette, la Porte Dorée et l’Ile Saint-Louis qui est déjà transformée en « lune » sur l’affiche signée par l’artiste gabonais Samuel Trenquier. Est-ce qu’on vivra une édition lunaire ?

[Rires] Elle ne sera pas tout à fait transformée en lune, mais pourquoi pas parler d’une édition lunaire. Il y a beaucoup de relations avec la nuit, c’est dans l’ADN de « Nuit Blanche ». Il y a des endroits comme, par exemple, le parc zoologique de Paris. On perçoit la nuit des choses qu’on ne perçoit pas de jour. Nos sens sont plus aiguisés.

Parmi les projets « fous », il y a Mon Super Kilomètre où l’on pourra jouer avec un ballon sonorisé…

Mon Super Kilomètre consiste à tracer un kilomètre dans la ville. Et ce kilomètre est entièrement rendu piéton. Le projet a été d’abord imaginé pour la Biennale de Dakar. Et j’ai souhaité le montrer ici, à Paris, dans un endroit plutôt très calme qui va depuis du musée des Invalides jusqu’en bas des Champs-Élysées. Sur cet axe, nous allons regrouper tout un tas d’activités, pas forcément artistiques.

C’est ça qui est intéressant : un grand mélange entre activités artistiques et sports – revisités par des artistes, dont ce projet avec un ballon sonore très étonnant. Les visiteurs sont invités à jouer au foot avec un son, amplifié à l’intérieur de ce ballon. On aura une grande scène musicale, du yoga, l’association Thanks for nothing mariera des œuvres humanitaires, caritatives et des performances artistiques. On aura du roller derby entre le Grand et le Petit Palais… L’idée est de montrer la richesse de cette folie parisienne sur un axe, dans ce Super Kilomètre. Mais, ce n’est qu’un projet parmi 76 !

L’affiche officielle de « NL’affiche officielle de « Nuit Blanche » 2018 à Paris a été dessiné par Samuel Trenquier.
L’affiche officielle de « NL’affiche officielle de « Nuit Blanche » 2018 à Paris a été dessiné par Samuel Trenquier. Samuel Trenquier

Pourquoi proposez-vous un Marché noir des sentiments ? À Paris et dans notre monde actuel, le sentiment est-il devenu quelque chose d’illégal ?

Ce n’est pas illégal, mais ce n’est pas quantifiable et son efficacité est difficilement mesurable. Ce collectif d’artistes nous propose de négocier – sur le modèle de la Bourse – ce qui n’est justement pas possible à coter, à quantifier… Nos sentiments. Cela demande une petite participation du public. Il faut que le public ait envie de partager ses émotions. Ensuite ses émotions vont être placées dans un système qui ressemble à un système boursier qui n’en a évidemment pas la finalité. Et à la place de l’argent et de l’enrichissement « monétaire », là, on s’enrichit des désirs, des sensations et des émotions des autres.

Quelle est l’utopie artistique qui vous a frappé le plus parmi les projets ?

Tous les projets portent en eux une forme d’utopie. Ce qui est formidable avec la « Nuit Blanche », en une nuit, on peut donner une place exceptionnelle à l’art. Donc, la ville devient comme un grand corps sur lequel poussent ces projets artistiques. L’utopie est d’arriver à produire, pour seulement une nuit, autant de rêves d’artistes. C’est ça, la force de « Nuit Blanche », d’arriver au bout de tous ces fantasmes, de tout ce que les artistes ont imaginé.

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 « Nuit Blanche », du samedi 6 au dimanche 7 octobre, à Paris.

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