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France / Photographie

«Les racines de la colère», une petite ville meurtrie du nord de la France

Détail de la couverture du roman-photo « Les racines de la colère », de Vincent Jarousseau.
Détail de la couverture du roman-photo « Les racines de la colère », de Vincent Jarousseau. Éditions Les Arènes
Texte par : Sarah Tisseyre
3 mn

C'est le roman-photo d’une France qui n'est pas « en marche ». Son auteur, le photographe documentaire Vincent Jarousseau, a passé deux ans à Denain, dans le nord de la France, auprès des habitants de cette ancienne cité minière et industrielle. Dans Les racines de la colère, il nous raconte la vie à Denain, autrefois capitale du charbon et de l'acier, devenue, depuis la fermeture d'Usinor dans les années 1980, une des villes les plus pauvres de France.

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Loïc, 33 ans, en recherche d’emploi, met parfois quatre heures en transports en commun pour aller passer un entretien de dix minutes. Tanguy, 19 ans, né dans une famille où tout le monde ou presque vit des aides sociales, a décidé de s'en sortir ; il roule 500 kilomètres par nuit, six nuits par semaine, pour son premier emploi de livreur.

Ces familles de Denain

Dans ce roman-photo dont ils sont les héros, avec Adrien, Mickaël ou encore Fatma, chacun de leurs propos a été enregistré et retranscrit. L'auteur, Vincent Jarousseau, photographe, renouvelle une expérience déjà menée avec les électeurs du Front national. Cette fois, il a enquêté pendant deux ans auprès de ces familles de Denain, petite ville meurtrie du nord de la France.

Un travail entamé au moment où Emmanuel Macron lançait son mouvement En Marche ! pour la présidentielle. « Le point de départ de ce travail, c’était vraiment de documenter une France à l’opposé des valeurs incarnées par Emmanuel Macron, explique Vincent Jarousseau. Une France qui ne se reconnaît pas dans la start-up nation. Je ne pouvais pas prévoir le mouvement des "gilets jaunes", mais il y a eu un bruit de fond pendant ces deux années, qu’on retrouve très bien dans le livre. Et, effectivement, un certain nombre des protagonistes de ce livre se sont retrouvés dans ce mouvement et, en particulier, plutôt les personnes qui travaillent. »

Une France en marge

D'où le titre choisi, Les racines de la colère. Au-delà de l'hommage au roman Les raisins de la colère de l’écrivain américain John Steinbeck, il colle parfaitement à cet ouvrage qui en dit long, en quelques photos, sur le quotidien d'une France en marge.

► À écouter aussi : Vincent Jarousseau est l'Invité Culture de ce mardi 9 avril.
Les racines de la colère, de Vincent Jarousseau, publié aux Éditions Les Arènes.

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