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Culture/Photographie

Marilyn Monroe, le mythe s’expose en photos à Paris

La «dernière séance» de Marilyn, galerie Joseph à Paris.
La «dernière séance» de Marilyn, galerie Joseph à Paris. Anne Bernas/RFI
8 mn

Une exposition inédite de photographies de Marilyn Monroe prises par quatre de ses amis, artistes de renommée mondiale, se tient actuellement à Paris. On y découvre une autre Marilyn, absolument sublime, loin de l’image de la pin-up blonde que l’histoire a voulu, à tort, lui coller.

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Cinquante-sept ans après sa disparition le 5 août 1962, Marilyn Monroe demeure une légende. Au point de s'exposer cet été en photos à Paris, dans le quartier du Marais. L’actrice et chanteuse américaine, symbole absolu de la féminité, a été immortalisée par des milliers de photographes durant ses dix-sept années de carrière. Les plus célèbres étaient aussi ses amis, voire ses confidents.

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André de Dienes (1913-1985) est le photographe de Marilyn à ses débuts en 1945, celui qui la révèle, qui prend d’elle des clichés jamais retouchés. Sam Shaw (1912-1999), celui qui tire la fameuse photo de Marilyn Monroe en robe blanche sur une bouche de métro, a passé dix années à prendre des clichés de la vie intime de la star. Milton Greene (1922-1985), qui crée avec elle une société pour gérer son image, l’a photographiée au sommet de sa carrière. Et Bert Stern (1929-2013), celui qui a réalisé la « dernière séance » de Marilyn quelques jours avant sa mort.

Au fil de l’exposition, près de 300 œuvres de ces quatre photographes hors pair - dont de nombreux clichés inédits -et des documents de la star hollywoodienne sur 1 000 m² de galerie, de sa naissance en 1926, son enfance tumultueuse entre les orphelinats et les familles d’accueil, jusqu’à la fin de sa vie, autrement dit de Norma Jeane Baker à Marilyn Monroe.

De Norma Jeane à Marilyn

À l’entrée, des photos d’enfance, de petite fille châtain bouclée, souriante et innocente. Puis un document de ses mensurations et autres informations sur son physique lui permettant de faire du mannequinat à ses débuts, elle a alors 16 ans : cheveux « trop bouclés et indisciplinés, décoloration et permanente conseillées ».

Et Norma Jeane devient la blonde Marilyn. Une blondeur mise à l’épreuve, comme le raconte l’exposition.  C’est le moment du cliché star de septembre 1954 : la robe blanche de Marilyn au-dessus de la bouche de métro, durant le tournage du film Sept ans de réflexion, de Billy Wilder, sur la 5e avenue à New York. Le scandale de la petite culotte arrive.

Le public (masculin pour la plupart) est autorisé à suivre le tournage de la scène. Sauf que la foule de badauds est telle qu’il est impossible de poursuivre le film à cause des cris et des flashs, les policiers ne parviennent pas à contenir tout le monde. Mais Marilyn la star se prend au jeu de ses fans. Et quand sa robe blanche se soulève plus que prévu dans le scénario, la foule surexcitée s’aperçoit, au travers de sa culotte en coton blanc, que Marilyn n’est pas une vraie blonde… Sa couturière double ses dessous de tissu et le spectacle reprend.

Une femme, loin de la pin-up

Parmi les autres anecdotes et clichés peu connus, ceux de Marilyn Monroe en Corée pour soutenir les troupes américaines en février 1954. Elle y donne 23 concerts dans une douzaine de bases militaires, en plein hiver, vêtue d’une fine robe pailletée à bretelles. Elle rentrera aux États-Unis avec une pneumonie et y retrouvera un mari fâché (ou jaloux) de sa prestation devant ces milliers de soldats galvanisés. Marilyn servant le repas aux GI, ou sur un char, les photos parlent d’elles-mêmes. « Pour la première fois de ma vie, j’avais le sentiment d’appartenir à une communauté », dira-t-elle.

Et puis, que serait le mythe Marilyn sans les photos de Milton Greene d’où est issue « Ballerina sitting » d’octobre 1954, nommée par le magazine Time en 1999 l’une des trois meilleures photographies du XXe siècle. Marilyn est toujours aussi belle, mais elle semble recroquevillée sur elle-même. En fait, sa robe-tutu est trop petite de deux tailles et elle ne peut la fermer, elle tient donc son corsage devant… comme si de rien n’était. Le résultat est éblouissant. Marilyn s’adapte, en toute circonstance.

La dernière séance

Autre instant fabuleux de l’exposition, la « dernière séance ». Un moment historique dans la photographie du XXe siècle. Une histoire entre Bert Stern et Marilyn Monroe en 1962, année de la mort de la star. Dans une alcôve au sein de la galerie s’enchaînent les photos dénudées et pleines de pureté de Norma Jeane qui a alors 36 ans, toutes plus sublimes et vibrantes les unes que les autres.

Pourtant, Marilyn est au plus mal, mais elle accepte la proposition de son ami photographe qui a réussi à vendre son projet au célèbre magazine Vogue. Ils passent ensemble deux jours et une nuit, avec à la clé 2 571 clichés. On y découvre une Marilyn nue, souvent sans maquillage, puissante, vibrante. Une femme dans toute sa splendeur, qui meurt pourtant six semaines après.

Les amoureux de Marilyn comme les non-initiés en seront à leur comble. Elle est belle, malicieuse, drôle, intelligente, curieuse, émouvante, sincère. La star, avant d’être une légende, est d’abord une femme. Elle traverse les siècles et reste à tout jamais une icône. Comme le dit Sam Shaw, « Marilyn est née hors du temps, et elle est devenue une superstar, un mythe, une légende ». Une femme à tout jamais dans l’histoire, que personne n’a, ne peut et ne pourra remplacer.

« Elle était là et attirait tous les regards, racontait Bert Stern. Tous les hommes l’entouraient, toute la lumière de la pièce semblait concentrée sur elle. Ou bien peut-être irradiait-elle la lumière ? »

→ Exposition « Divine Marilyn », jusqu’au 22 septembre, galerie Joseph, Paris.

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